Avec l’ambition de moderniser les infrastructures de transport du pays, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a procédé, le mercredi 3 juin à Kinshasa, à la signature officielle de trois contrats de travaux portant sur le bitumage d’un tronçon stratégique de la Route nationale n°2 (RN2) ainsi que sur la construction d’un important pont sur la rivière Lualaba.
Ces contrats ont été conclus avec les entreprises China First Highway Engineering Company Limited, Sinohydro Bureau 14 et le groupement China Jiangxi International Economic dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), financé par la Banque mondiale.
Cette initiative s’inscrit dans la vision de « connectivité totale » portée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, visant à renforcer les liaisons routières entre les différentes régions du pays et à stimuler le développement économique.
Pour le ministre John Banza Lunda, ce projet marque une nouvelle étape dans la manière de concevoir les infrastructures en RDC.
« La RN2 est l’exemple parfait de notre nouvelle approche : bâtir des routes modernes qui intègrent dès la conception des dispositifs innovants », a-t-il déclaré.
Les contrats signés concernent principalement le bitumage de 206 kilomètres de route entre Mbanga et la rivière Lualaba. Ce tronçon est réparti en deux lots d’environ 100 kilomètres chacun et sera aménagé selon le standard d’une autoroute moderne à deux fois deux voies.

Ces nouveaux travaux viennent compléter les 280 kilomètres déjà en cours d’exécution entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga. À terme, ce sont ainsi près de 480 kilomètres de routes modernisées qui constitueront l’épine dorsale de cet important corridor routier.
Le projet prévoit également l’intégration d’infrastructures destinées au déploiement futur de la fibre optique et au transport de l’énergie électrique, renforçant ainsi son caractère structurant pour le développement du pays.
L’autre ouvrage phare du projet est la construction d’un pont de 714 mètres de longueur sur la rivière Lualaba. Selon le ministère des ITP, il s’agira du troisième plus long pont construit sur le fleuve Congo.
Doté lui aussi de deux fois deux voies de circulation, cet ouvrage devrait considérablement améliorer la mobilité des personnes et des biens entre plusieurs provinces du centre et de l’est du pays.
Les chiffres témoignent de l’ampleur de l’investissement. Le coût des travaux routiers est estimé à environ 150 millions de dollars américains pour une durée d’exécution de 36 mois. Quant au pont sur la Lualaba, son coût est évalué à 37 millions de dollars pour une durée de réalisation de 24 mois.
Le Gouvernement souligne également que l’ensemble du processus a été conduit dans le respect des procédures internationales. Les études techniques ont été lancées dès le début de l’année 2025, avant l’organisation d’un appel d’offres international ouvert, conformément aux exigences de la Banque mondiale.
Les offres ont été soumises à une évaluation technique rigoureuse avant l’examen des propositions financières, permettant d’obtenir des coûts jugés compétitifs au regard des standards techniques retenus.
Avant le démarrage effectif des travaux, une période de mobilisation de quatre mois est prévue pour permettre aux entreprises adjudicataires d’acheminer les équipements et d’installer les bases de vie. Le lancement des travaux est annoncé pour octobre 2026.
Une réunion technique de cadrage est d’ailleurs programmée dès la semaine prochaine, tandis qu’une présentation détaillée du projet sera organisée en présence des gouverneurs et députés des provinces concernées.
À terme, cette infrastructure devrait contribuer au désenclavement de plusieurs provinces stratégiques, notamment le Kasaï-Oriental, la Lomami, le Maniema et le Sud-Kivu.
Pour le Gouvernement, il s’agit d’un investissement structurant appelé à renforcer les échanges économiques, faciliter la circulation des populations et accélérer l’intégration nationale à travers un réseau routier moderne et durable.
Lydia Mangala


