L’appel à une « ville morte » ce mercredi 3 juin lancé par l’opposition a fortement marqué la matinée dans plusieurs secteurs de Kinshasa, donnant lieu à des situations contrastées selon les zones. Sur le boulevard du 30 Juin et l’avenue OUA menant vers Kintambo Magasin, l’ambiance est apparue inhabituellement calme dès les premières heures de la journée, selon le constat effectué par la rédaction de Zolanews.net ce mercredi 3 juin 2026.
Sur le boulevard du 30 Juin, les embouteillages matinaux ont cédé la place à une circulation fluide et peu dense. Quelques véhicules circulaient librement, loin de l’effervescence habituelle.
Du côté de Kintambo, les longues files de véhicules observées en temps normal ont également disparu. Taxis et bus se faisaient rares, tandis que de nombreux commerces ont préféré garder leurs rideaux baissés, renforçant l’impression d’une ville partiellement à l’arrêt.
Au niveau institutionnel, le gouvernement a toutefois adopté une position ferme. Les fonctionnaires, commerçants et transporteurs ont été appelés à poursuivre normalement leurs activités, avec un message clair : « il n’y aura pas de ville morte ». Cette posture a, par endroits, entraîné des tensions. Dans certaines communes, la reprise des activités est restée timide et des incidents ont été signalés.
Des éléments de la police ont été aperçus, tantôt en train d’encourager les commerçants à rouvrir leurs boutiques, tantôt en procédant à des interpellations, dans une tentative de rétablir l’ordre et d’assurer la continuité des services.
Sur le plan social, la situation révèle de forts contrastes. Malgré les appels à la mobilisation et le climat tendu lié au débat sur la révision constitutionnelle, des élèves en uniforme ont rejoint leurs centres d’examen et passé leurs épreuves de fin d’année comme prévu, illustrant une volonté de maintenir les activités scolaires essentielles.
En revanche, de nombreux commerçants, notamment ceux résidant loin des centres d’activité, ont préféré rester chez eux, redoutant les difficultés de transport et d’éventuels débordements.
Les transports informels, essentiels à la mobilité urbaine, en particulier les taxis bus, sont restés largement absents, compliquant les déplacements pour une grande partie de la population.
La présence policière, parfois discrète, parfois plus visible, a contribué à instaurer un climat de vigilance, marqué par des patrouilles, des contrôles ponctuels et des injonctions à la reprise des activités.
À mi-journée, le constat est nuancé. L’appel de l’opposition a trouvé un écho significatif dans certains quartiers, avec une baisse notable des activités, tandis que l’injonction gouvernementale à maintenir la normalité a donné lieu à des interventions sur le terrain et à des réactions divergentes.
L’évolution de la situation dépendra, dans les heures à venir, de la capacité des autorités à garantir la sécurité et de la mobilisation effective des acteurs politiques.
Joëlle Luniongo


