Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans son processus de sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Une réunion interministérielle de haut niveau s’est tenue, lundi 1er juin 2026 à Kinshasa, afin d’évaluer les avancées réalisées dans la mise en œuvre du plan d’action national de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Présidée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, également président de la task-force chargée de piloter ce processus, cette rencontre a réuni plusieurs membres du Gouvernement ainsi que des experts impliqués dans les réformes engagées par la RDC pour répondre aux exigences du GAFI.
Au centre des échanges figurait le renforcement de la coordination entre les différentes institutions concernées afin de garantir une appropriation commune des défis liés à la sortie du pays de la liste des juridictions placées sous surveillance renforcée.
Au cours de cette séance de travail, les participants ont passé en revue les progrès enregistrés dans la mise en œuvre des 40 recommandations du GAFI. Ces réformes visent notamment à renforcer l’intégrité du système financier national, améliorer la transparence des opérations économiques, moderniser les mécanismes de prévention et de détection des flux financiers illicites et consolider les dispositifs de contrôle et de supervision.
Grâce à une volonté politique affirmée au plus haut niveau de l’État, la RDC est parvenue à valider l’ensemble des repères définis dans son plan d’action. Cette performance rapproche davantage le pays des standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
« La dixième réunion en face-à-face, organisée le 27 avril 2026 en Namibie entre la délégation congolaise et les groupes conjoints Afrique du GAFI, a constitué une étape déterminante dans le processus d’évaluation finale de notre pays. Cette récente évaluation technique indique un niveau d’exécution particulièrement avancé des engagements pris par le Gouvernement, avec un traitement largement satisfaisant de la majorité des actions prescrites dans les plans d’action du GAFI », a déclaré le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.

Depuis le lancement de ce processus, la RDC a produit dix rapports d’étape et participé à dix réunions techniques avec les experts du GAFI afin de démontrer les progrès réalisés. Parmi les principales avancées figurent le renforcement du cadre juridique et réglementaire, l’amélioration de la supervision des acteurs concernés, la montée en puissance des capacités opérationnelles de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), l’intensification des poursuites contre les crimes financiers ainsi que le renforcement des mécanismes de confiscation des avoirs criminels.
Le pays a également renforcé sa coopération internationale en adhérant au Groupe de lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique orientale et australe (ESAAMLG) ainsi qu’au Groupe Egmont, deux organisations de référence dans la lutte contre les flux financiers illicites.
Pour les autorités congolaises, la sortie de la liste grise du GAFI constitue un enjeu stratégique majeur. Elle devrait permettre d’améliorer l’attractivité économique du pays, de faciliter les relations avec les institutions financières internationales, de renforcer la confiance des investisseurs et de consolider les partenariats avec les bailleurs de fonds.
Au nom du Gouvernement, le ministre des Finances a réaffirmé l’engagement des autorités à poursuivre les réformes en cours jusqu’à l’aboutissement complet du processus, dans l’objectif de renforcer durablement la crédibilité financière de la République démocratique du Congo sur la scène internationale.
La réunion a notamment connu la participation du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, du ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, ainsi que du ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens Combattants, Eliezer Ntambwe.
Joséphine Mawete


