Kisangani est confrontée à une nouvelle crise d’approvisionnement en carburant, paralysant une grande partie des déplacements ce lundi 1er juin. La pénurie a rapidement entraîné une flambée des prix sur le marché informel, où le litre se négocie désormais jusqu’à 12 000 francs congolais, contre des tarifs habituellement bien plus bas.
La rareté du carburant a provoqué des embouteillages sur plusieurs axes de la ville. De nombreuses stations-service restent fermées, contraignant les usagers à se tourner vers des points de vente informels aux prix très variables. Certains motards affirment avoir acheté le litre à 9 000 FC lundi matin, alors que d’autres l’avaient déjà payé 12 000 FC la veille.
La circulation est également perturbée par des barrages improvisés et des blocages routiers dans plusieurs quartiers, traduisant la colère des transporteurs. Les associations de motos-taxis, particulièrement touchées par la hausse des coûts, ont lancé un mouvement de protestation et annoncé la suspension de leurs activités pour la journée.
Par ailleurs, l’approvisionnement en carburant reste bloqué en amont. Plusieurs camions-citernes sont immobilisés au PK23, à l’entrée de la ville, sans qu’aucune explication officielle n’ait été fournie jusqu’ici par les autorités ou les entreprises pétrolières concernées.
Face à la situation, une réunion s’est tenue dimanche entre les autorités provinciales et les opérateurs pétroliers de la Tshopo afin de trouver des solutions urgentes. Le gouverneur a annoncé des contrôles dans les stations-service pour vérifier le respect des prix et lutter contre la spéculation.
Malgré ces mesures, la mobilisation des motards se poursuit, révélant un profond ras-le-bol face à l’instabilité des prix et à la récurrence des pénuries. De leur côté, les habitants redoutent un durcissement des conditions de transport, qui compliquerait davantage l’accès aux services essentiels.

Cette nouvelle crise rappelle celle d’avril dernier, lorsque le prix du litre était passé brutalement de 3 700 à 5 500 FC, fragilisant déjà l’économie locale. À Kisangani, la question du contrôle des circuits d’approvisionnement et de la régulation des prix reste plus que jamais au cœur des préoccupations.
Joëlle Luniongo


