La quatrième édition de la conférence « Le Partage des Bons Coups », initiée par la Fondation Grâce à Ma Mère (GRAME), s’est tenue le samedi 14 mars 2026 à Silikin Village. Organisée dans le cadre du mois dédié aux droits des femmes, cette rencontre a réuni plusieurs personnalités issues des domaines de l’entrepreneuriat, des finances, du droit et de la communication, autour des questions liées à l’autonomisation des femmes en République démocratique du Congo.
À l’initiative de cette conférence, Julie Nsuele Manika, présidente de la Fondation Grâce à Ma Mère, a expliqué que l’objectif principal de cette rencontre est de créer un espace où les femmes peuvent partager leurs expériences, leurs réussites mais aussi les défis rencontrés dans leur parcours professionnel.
Selon elle, l’idée est simple : permettre à des femmes qui ont déjà avancé dans leurs domaines de transmettre des conseils concrets à celles qui souhaitent évoluer ou entreprendre.
« Chaque année, pour commémorer le mois dédié à la femme, nous avons jugé utile d’initier cette conférence qui vise à partager des astuces aux femmes, notamment à travers les expériences et les parcours de celles qui ont déjà évolué dans un domaine précis », a-t-elle indiqué.
Au-delà du partage d’expériences, cette initiative vise aussi à déconstruire certains stéréotypes qui opposent souvent les femmes entre elles. Pour Julie Nsuele Manika, la solidarité féminine peut devenir un véritable moteur de réussite collective. Le concept du « Partage des Bons Coups » consiste justement à transmettre les leçons tirées des réussites, mais aussi des erreurs, afin d’aider d’autres femmes à progresser dans leurs propres projets.
Plusieurs thématiques ont été abordées lors de cette édition, notamment les violences conjugales et le harcèlement en milieu professionnel, l’entrepreneuriat et les stratégies pour oser entreprendre, les mécanismes de financement des projets, ainsi que le rôle des médias dans la valorisation des initiatives féminines. Ces discussions s’inscrivent dans la dynamique du thème international de cette année : « Droits, justice et action pour les femmes et les jeunes filles ».
La question des violences faites aux femmes a occupé une place importante dans les échanges. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’informer davantage les femmes et les jeunes filles sur les différentes formes de violences ainsi que sur les mécanismes existants pour les dénoncer et obtenir justice.
La dimension économique a également été mise en avant à travers les discussions sur l’entrepreneuriat et l’accès au financement, notamment grâce au partenariat avec BGFI Bank RDC, qui accompagne certaines initiatives visant à renforcer l’inclusion financière des femmes.
La journaliste Feza Mika a pour sa part abordé la question de la visibilité des femmes dans les médias. Elle a encouragé les participantes à utiliser les outils de communication modernes pour valoriser leurs projets et renforcer leur présence dans l’espace public.
Selon elle, dans un monde devenu un véritable « village planétaire », la visibilité est devenue un facteur essentiel pour développer des opportunités et donner plus d’impact aux initiatives portées par les femmes. Elle a notamment insisté sur l’utilisation responsable des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle et des médias traditionnels pour promouvoir les réalisations féminines.
De son côté, l’entrepreneure Tisia Mukuna, fondatrice de la marque de café La Kinoise et présidente de la Commission nationale des jeunes entrepreneurs à la Fédération des entreprises du Congo, a partagé son expérience dans le monde de l’entrepreneuriat.
Elle a expliqué avoir accepté l’invitation de la Fondation Grâce à Ma Mère afin de soutenir la dynamique de solidarité entre femmes entrepreneures et encourager la création de synergies.
À cette occasion, elle a donné quelques conseils pratiques aux femmes qui souhaitent se lancer dans les affaires, soulignant notamment l’importance de l’organisation et de la planification.
Selon elle, toute idée de projet doit être bien structurée, en identifiant clairement les clients potentiels, les stratégies de vente ainsi que les objectifs à atteindre.
L’entrepreneure a également présenté certaines initiatives qu’elle développe pour soutenir les jeunes entrepreneurs, notamment à travers des programmes d’accompagnement et de formation axés sur l’agrobusiness et l’économie verte.
Cette quatrième édition du « Partage des Bons Coups » s’est également distinguée par une forte participation des jeunes femmes. Pour Julie Nsuele Manika, cet engouement témoigne d’un besoin réel d’accompagnement, de coaching et d’orientation chez les jeunes générations.
À travers cette initiative, la Fondation Grâce à Ma Mère entend poursuivre sa mission de sensibilisation et de renforcement des capacités des femmes, en favorisant la solidarité, le partage d’expériences et l’entraide entre femmes, dans l’objectif de contribuer au développement social et économique de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


