Une étude scientifique récente menée aux États-Unis par ABC News met en lumière un sujet préoccupant pour de nombreuses utilisatrices de mèches et extensions capillaires. Des chercheurs du Silent Spring Institute ont révélé que plusieurs produits utilisés pour les tresses et extensions contiennent des substances chimiques potentiellement dangereuses pour la santé.
Les résultats de cette recherche ont été publiés en février 2026 dans la revue scientifique Environment & Health. L’étude s’appuie sur l’analyse de 43 produits de mèches et extensions capillaires vendus sur le marché américain.
Grâce à des techniques d’analyse avancées, les scientifiques ont identifié 933 signatures chimiques correspondant à 169 substances différentes dans les produits étudiés. Les résultats indiquent que presque tous les échantillons analysés contenaient au moins une substance considérée comme préoccupante pour la santé. Au total, 48 produits chimiques répertoriés sur des listes officielles de substances toxiques ont été détectés dans ces mèches et extensions capillaires.
Parmi les substances identifiées figurent notamment des phtalatesc souvent utilisés dans la fabrication de plastiques, ainsi que des retardateurs de flamme destinés à rendre certains matériaux résistants au feu. Les chercheurs ont également relevé la présence de pesticides, de biocides servant à protéger les fibres contre les insectes ou les moisissures, ainsi que des composés appelés organoétains, connus pour leurs effets perturbateurs sur le système hormonal.
Selon les chercheurs, plusieurs de ces substances chimiques sont associées à des risques sanitaires importants, notamment le cancer, les perturbations hormonales, les malformations congénitales ou encore certains troubles du système immunitaire.
Les scientifiques expliquent que ces substances peuvent être absorbées par le cuir chevelu ou inhalées par les utilisatrices. Cette exposition peut devenir plus importante lorsque les mèches sont portées pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, une pratique très courante dans certaines coiffures protectrices. L’utilisation de chaleur pour coiffer les mèches ou sceller les pointes pourrait également favoriser la libération et l’absorption de ces substances chimiques.
L’étude souligne également que les extensions capillaires sont particulièrement populaires dans certaines communautés. Aux États-Unis, par exemple, plus de 70 % des femmes noires déclarent porter des extensions capillaires au moins une fois par an. Cette pratique, largement répandue pour des raisons esthétiques, culturelles ou pratiques, pourrait donc exposer une partie de la population à un contact plus fréquent avec ces substances chimiques.
Face à ces résultats, plusieurs experts en santé publique appellent à une plus grande transparence concernant les ingrédients utilisés dans la fabrication des mèches et extensions capillaires. Ils recommandent notamment que les fabricants soient tenus de divulguer clairement la composition de leurs produits et que les autorités sanitaires mettent en place des réglementations plus strictes afin de mieux protéger les consommateurs.
Les chercheurs estiment enfin que davantage d’études seront nécessaires pour évaluer précisément l’impact de ces substances sur la santé à long terme.
Lydia Mangala


