Un contentieux foncier agite l’avenue Adama, dans la commune de Gombe. Des familles et opérateurs économiques installés depuis près de vingt ans affirment avoir reçu une mise en demeure de sept jours qualifiant leurs habitations et installations de constructions anarchiques, avec menace de démolition et d’expulsion.
Selon les concernés, les bâtiments auraient été érigés sur la base de documents légaux délivrés par les services compétents de l’État, jusqu’à l’obtention de certificats d’enregistrement. Ils soutiennent qu’aucune contestation officielle ne leur a été notifiée durant toutes ces années.
La notification récente évoquerait une possible opération de démolition sans précision sur une éventuelle compensation ni sur des mesures de relogement.
Dans une déclaration publique, Iris Nzolantima estime que les personnes visées sont des acteurs économiques opérant le long de cette avenue, et non des occupants irréguliers au sens pénal du terme.
Elle dénonce notamment l’absence de communication d’un plan détaillé de démolition permettant d’identifier clairement les parcelles concernées, un climat d’incertitude après la notification de certains blocs, sans visibilité pour les autres occupants et le manque de mesures d’accompagnement adaptées à la situation des opérateurs économiques.
Elle appelle à la transmission d’un plan précis à l’ensemble des propriétaires avant toute intervention, afin que chacun sache si son bien est concerné ou non.
Au-delà des inquiétudes des riverains, Iris Nzolantima plaide pour une approche fondée sur l’équité. Selon elle, si des irrégularités sont établies, les autorités nationales, provinciales et/ou locales ayant délivré les autorisations jusqu’aux certificats d’enregistrement devraient également faire l’objet de mesures dans les mêmes délais que ceux imposés aux citoyens.
Dans un message adressé au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, elle sollicite un arbitrage juste et équitable.
« Depuis près de 20 ans, des familles vivent sur l’avenue Adama dans des maisons construites avec des documents légaux délivrés par l’État lui-même… Aujourd’hui, soudainement, au travers d’une mise en demeure de 7 jours, nos maisons deviennent anarchiques avec menace d’expulsion, sans compensation ni solution alternative de relogement », a-t-elle déploré.
« Comment l’État peut-il autoriser hier et condamner aujourd’hui ? (…) Si les citoyens ont 7 jours, les signataires doivent aussi avoir 7 jours pour répondre devant la justice », a-t-elle également interpellé sur la responsabilité administrative dans ce dossier.
« Vous ne pouvez pas punir les familles et protéger les signatures. (…) Un État équitable ne pratique jamais deux poids deux mesures », a-t-elle insisté sur la cohérence de l’État de droit.
Ce dossier relance le débat sur la gestion foncière et l’urbanisme à Kinshasa, où les questions de régularité des titres, de planification urbaine et de responsabilité administrative suscitent régulièrement des tensions.
Les occupants de l’avenue Adama affirment ne pas s’opposer à l’application de la loi, mais demandent que celle-ci s’exerce dans le respect des droits acquis, avec transparence et sans deux poids deux mesures.
En attendant une éventuelle décision des autorités compétentes, l’incertitude demeure pour les familles et opérateurs économiques concernés, qui disent crier justice et placer leur confiance dans les institutions pour un traitement équitable du dossier.
Lydia Mangala


