La République démocratique du Congo et la République du Congo ont officiellement signé, jeudi 26 février à l’Hôtel Radisson de Brazzaville, un protocole d’accord bilatéral pour le développement conjoint du projet hydroélectrique de Pioka‑Tombé, situé sur le fleuve Congo, dans le district des Cataractes, à mi‑distance entre Kinshasa et Luozi.
La cérémonie a réuni deux signataires dont Aimé Sakombi Molendo, Ministre des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité de la RDC, pour le gouvernement congolais, et Émile Ouosso, Ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique de la République du Congo, au nom de Brazzaville.
Le projet de Pioka‑Tombé figure parmi les initiatives phares destinées à exploiter de manière durable le potentiel hydraulique exceptionnel du fleuve Congo, l’un des plus puissants d’Afrique. Conçu comme une infrastructure transfrontalière, il vise à produire une énergie propre et renouvelable à grande échelle, en tirant parti des ressources hydrauliques du bassin du Congo, réduire significativement le déficit énergétique des deux pays, qui dépend aujourd’hui en grande partie de la production thermique coûteuse ou d’importations intermittentes, renforcer l’intégration énergétique sous‑régionale, en facilitant les échanges d’électricité entre Kinshasa et Brazzaville et, à terme, avec les pays voisins, stimuler le développement économique local et national, grâce à l’amélioration de l’accès à l’électricité pour les industries, les entreprises et les populations et préserver l’environnement, en privilégiant une technologie qui limite les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux sources fossiles.
Au‑delà d’une simple intention de collaboration, le protocole signé à Brazzaville pose des bases concrètes de coopération technique, financière et institutionnelle. L’accord prévoit la création d’un comité mixte de pilotage, composé d’experts des deux pays, chargé de suivre toutes les phases de l’étude, de la conception, du financement et de la réalisation du projet. Ce comité aura pour mission de garantir la transparence, l’efficacité et la coordination des actions.
Les deux ministères s’engagent à mutualiser les données hydrologiques, géotechniques, environnementales et sociales nécessaires à la réalisation des études détaillées. Cela permettra de réduire les redondances, d’optimiser les coûts et d’aligner les cadres techniques sur les normes internationales.
L’accord ouvre la porte à la mobilisation de financements bilatéraux, multilatéraux et privés, avec l’appui possible de partenaires internationaux. La structuration du financement prendra en compte les contributions nationales respectives, les garanties d’État, ainsi que des mécanismes d’assurances pour atténuer les risques liés aux grands projets d’infrastructure.
Des clauses spécifiques prévoient des mécanismes de suivi environnemental et social, notamment pour garantir la gestion durable des ressources en eau, la protection des écosystèmes riverains et l’inclusion des communautés locales dans les bénéfices du projet (emplois, infrastructures locales, accès à l’électricité).
La signature de cet accord Laisse voir la volonté de deux capitales de renforcer leurs liens, de construire ensemble un avenir plus stable et de contribuer à l’essor économique de l’Afrique centrale.
Le projet de Pioka‑Tombé, grâce à ses retombées potentielles en matière d’accès à l’électricité, de création d’emplois, de croissance industrielle et de réduction de la pauvreté, se positionne comme un pilier de développement durable et de coopération sud‑sud, pensé par et pour les peuples congolais, des deux rives du fleuve Congo.
À l’issue de la cérémonie, les ministres ont exprimé leur optimisme quant à la tenue prochaine des études de faisabilité, au lancement des travaux préparatoires et à la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation de ce complexe hydroélectrique, qui pourrait devenir l’un des plus grands du continent.
Lydia Mangala


