C’est une onde de choc qui traverse le royaume chérifien. À quelques encablures de la Coupe du Monde 2026 et un mois après la finale de la CAN perdue à domicile face au Sénégal (1-0), le Dara de l’Atlas semble déposer les armes. Walid Regragui et la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) auraient décidé, d’un commun accord, de mettre un terme à une aventure qui aura propulsé le Maroc sur le toit du monde, selon la presse locale.
Si l’officialisation n’est plus qu’une question d’heures, le sentiment qui prévaut est déjà celui de la nostalgie. Une page dorée se tourne, laissant derrière elle un héritage immense et un vide difficile à combler.
Nommé dans l’urgence le 31 août 2022, Regragui n’était pas seulement un sélectionneur. Il est devenu le symbole d’une Afrique décomplexée. En quelques semaines de préparation seulement, il a su bâtir une forteresse mentale et tactique pour la Coupe du Monde 2022 au Qatar, laissant aux observateurs du football un souvenir impérissable. Les victoires contre la Belgique, l’Espagne puis le Portugal, et la qualification en demi-finale ont brisé le plafond de verre pour tout un continent, inscrivant son nom et celui de ses joueurs au panthéon du sport mondial.
Pourtant, le conte de fées n’a pas été un long fleuve tranquille. Derrière l’idole des supporters se cachait un homme de convictions, parfois jusqu’à l’entêtement. Son passage restera marqué par un climat de tension avec une partie de la presse nationale. Entre punchlines acérées et confrontations musclées, les conférences de presse se sont souvent transformées en joutes verbales. Cette fracture a fini par créer une usure, rendant l’atmosphère de travail de plus en plus pesante, malgré un soutien populaire resté solide.
Le timing de ce départ interroge autant qu’il inquiète. Le Maroc se retrouve orphelin de son guide alors que se profile le Groupe C du Mondial 2026, une poule relevée où l’attendent le Brésil, l’Écosse et Haïti.
Depuis son arrivée, Regragui a changé l’état d’esprit de l’équipe : le Maroc ne joue plus pour participer, mais pour gagner. Il a amorcé une transition en lançant de nouveaux visages tout en s’appuyant sur ses cadres historiques.
Walid Regragui quitte le navire avant d’avoir pu mener sa dernière danse en 2026. Mais qu’on l’ait adoré ou critiqué, personne ne pourra lui retirer l’essentiel : il est celui qui a permis à tout un peuple de regarder les plus grandes nations du football droit dans les yeux.
Josaphat Mayi


