Le Président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a procédé à l’ouverture officielle du Forum provincial de paix consacré à la problématique des ADF, dans la ville de Beni. La cérémonie a réuni autorités administratives, partenaires internationaux et représentants de la société civile, dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant dans le Grand Nord.
Dans son discours, le Speaker de la Chambre basse a lancé un appel fort à l’unité nationale face aux violences attribuées aux Allied Democratic Forces, responsables de déplacements massifs de populations, de destructions des moyens de subsistance et de graves atteintes aux droits humains.
Évoquant sa récente tournée dans plusieurs localités du Nord-Kivu, notamment Beni, Oicha, Butembo, Lubero et Lukanga, Aimé Boji a insisté sur l’urgence d’une réponse globale à la crise sécuritaire.
« La menace que représentent les ADF appelle une approche globale, intégrée et multisectorielle », a-t-il déclaré, plaidant pour une stratégie combinant sécurité, justice, action humanitaire, développement et coopération régionale.
« Nous avons le devoir historique de refuser la résignation. Refuser la banalisation de la mort. Refuser que nos populations continuent de vivre dans l’angoisse du lendemain. La paix n’est pas un slogan, elle est une conquête collective qui exige courage, unité et responsabilité », a-t-il martelé, citant la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi.
Pour le président de l’Assemblée nationale, ce forum doit marquer le point de départ d’un sursaut décisif de l’État, des communautés et de la Nation tout entière.
Dans son mot de bienvenue, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Évariste Somo Kakule, a salué la tenue de ces assises dans une ville qu’il a décrite comme ville martyre mais ville d’espoir. Il a rappelé que, depuis plus d’une décennie, les territoires de Beni et Lubero subissent les atrocités des ADF, évoquant notamment les massacres de Rwangoma en 2016 ainsi que les attaques meurtrières plus récentes.
Face à cette menace qu’il qualifie de transnationale, le gouverneur a appelé à une coordination renforcée entre les Forces armées de la République démocratique du Congo, la Police nationale congolaise, les autorités locales, les partenaires internationaux et la société civile.
Prévu sur plusieurs jours, le Forum provincial de paix vise à analyser en profondeur les causes de la persistance des ADF, à renforcer la coordination sécuritaire et à formuler des recommandations opérationnelles pour la protection des civils. Les travaux devraient notamment déboucher sur un plan provincial de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, avec l’ambition de restaurer la confiance entre l’État et les populations locales.
En déclarant ouverts les travaux, Aimé Boji Sangara a réaffirmé la détermination du Parlement à accompagner les efforts du gouvernement et des communautés du Nord-Kivu.
« L’histoire jugera notre capacité à protéger notre peuple. Nous n’avons pas le droit d’échouer », a-t-il insisté.
Dans un contexte sécuritaire encore fragile, ce forum apparaît ainsi comme une nouvelle tentative de transformer les engagements politiques en actions concrètes pour une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala



« L’histoire jugera notre capacité à protéger notre peuple. Nous n’avons pas le droit d’échouer », a-t-il insisté.