Face aux retards répétés observés dans le paiement des agents publics, le président de la République, Félix Tshisekedi, a décidé de frapper fort. Lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 20 février à la Cité de l’Union africaine, le chef de l’État a ordonné un audit complet de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État.
Par cette décision, le Président entend comprendre en profondeur les causes des dysfonctionnements qui perturbent la régularité des salaires et reprendre le contrôle d’une masse salariale en constante augmentation. Selon le compte rendu présenté par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette démarche vise notamment à s’assurer que chaque rémunération versée correspond réellement à un droit légitime et à un service effectivement rendu.
Le chef de l’État a été clair sur la philosophie de cette réforme.
« Le salaire des fonctionnaires est un droit social fondamental », a dit, au Conseil des ministres, Félix Tshisekedi.
Il veut que la paie des fonctionnaires soit régulière. Pour y parvenir, il faut maîtriser la masse salariale et assainir le système de paie. Le président de la République est formel : « La paie doit être régulière ».
Cette mesure intervient au moment où une pression croissante sur la trésorerie publique, notamment en raison de l’intégration massive de nouvelles unités sans contrôle suffisant des effectifs réels ni mécanismes fiables de vérification et de suivi. Le Président a ainsi souligné l’urgence de contenir une masse salariale qui ne cesse de gonfler, situation qui fragilise les finances de l’État et expose le système de paie à des tensions sociales.
D’après le gouvernement, l’audit devra permettre d’identifier les éventuelles irrégularités, de détecter les doublons ou agents fictifs et d’établir un état précis des effectifs réellement en activité. Il s’agit aussi de garantir la soutenabilité des finances publiques et d’assurer la continuité des opérations financières de l’État, en particulier le paiement des salaires dans les délais.
Les autorités insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une mesure isolée. Le chef de l’État a rappelé que cette démarche entre dans la continuité des orientations prises en faveur de l’assainissement et de la discipline budgétaire, déjà évoquées lors de précédentes réunions du Conseil des ministres. À plusieurs reprises, l’exécutif a martelé que la rigueur, la transparence et la responsabilité dans la gestion des deniers publics constituent un devoir républicain incontournable.
Concrètement, la coordination stratégique de l’opération a été confiée à la Première ministre, avec l’appui de l’Inspection générale des finances et des services de contrôle compétents. Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, devra veiller à la stricte concordance entre les effectifs budgétaires et les effectifs réellement rémunérés, tandis que le ministre des Finances est chargé de consolider le mécanisme conjoint des liquidations et des paiements en fonction de la trésorerie disponible.
Le gouvernement tient à restaurer la confiance des agents publics, préserver la justice salariale et stabiliser durablement la chaîne de paie. Les résultats de cet audit sont attendus dans 30 jours et pourraient déboucher sur des réformes de fond pour sécuriser le paiement régulier des fonctionnaires à travers tout le pays.
Lydia Mangala


