À travers le Projet d’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire (PEQIP), financé par le Partenariat mondial pour l’éducation, 12 563 directeurs et enseignants des 5ᵉ et 6ᵉ années du primaire ont bénéficié d’une formation structurée entre août et décembre 2025.
Selon les données consolidées du SERNAFOR Primaire de l’Inspection générale de l’Éducation nationale, cette opération a légèrement dépassé les prévisions initiales. Sur 12 560 participants attendus, 12 563 ont effectivement été formés, soit un taux de réalisation de 100,02 %. Une performance qui traduit, selon les autorités éducatives, une forte mobilisation des acteurs du sous-secteur.
Déployée sur 170 sites de formation, l’initiative a couvert neuf provinces éducationnelles, notamment Ituri 1, Ituri 2, Ituri 3, Kasaï 1, Kasaï 2, Kasaï-Central 1, Kasaï-Central 2, Kasaï-Oriental 1 et Kasaï-Oriental 2. Dans plusieurs de ces provinces, la participation a été particulièrement remarquable, signe d’un engagement croissant en faveur de l’amélioration des pratiques pédagogiques.
Au total, 4 184 directeurs d’écoles et 8 396 enseignants ont renforcé leurs compétences. Les modules de formation ont porté essentiellement sur la gestion des classes à large effectif, un défi devenu plus visible avec la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire en République démocratique du Congo. Les bénéficiaires ont également été outillés sur les questions de genre et d’équité, afin de promouvoir un environnement d’apprentissage plus inclusif.
En amont, le dispositif avait été soigneusement préparé. Dès août 2025, 340 encadreurs pédagogiques provinciaux, inspecteurs et conseillers d’enseignement, dont 108 femmes, avaient été formés pour assurer la démultiplication des acquis dans les sous-divisions. Leur mission consistait à former les enseignants pendant cinq jours sur la gestion des classes à large effectif, puis durant cinq autres jours sur le forum d’échanges pédagogiques ainsi que sur les notions de genre et d’équité.
Malgré ces avancées encourageantes, un défi persistant demeure. La participation féminine reste faible. Sur l’ensemble des 12 563 participants formés, seules 1 868 femmes ont été recensées, soit 15 % de l’effectif total. Ce constat interpelle sur la nécessité de renforcer les stratégies visant à promouvoir la présence des femmes dans le corps enseignant et dans les fonctions de direction des écoles primaires publiques.
Dans le contexte de la gratuité de l’enseignement primaire, cette initiative apparaît comme une réponse concrète aux pressions croissantes observées dans les salles de classe publiques. En renforçant les capacités pédagogiques et managériales des acteurs scolaires, le PEQIP contribue à poser les bases d’une amélioration durable de la qualité des apprentissages.
Au-delà des statistiques, le véritable test se jouera désormais sur le terrain. C’est dans les salles de classe, au contact direct entre l’enseignant et l’élève, que l’impact réel de cette vaste opération de formation pourra être mesuré.
Lydia Mangala


