Dans la modernisation du système d’identification des citoyens congolais, la Commission Électorale Nationale Indépendante, conduite par son président Denis Kadima Kazadi, a procédé ce jeudi 19 février 2026 à la remise officielle du fichier électoral issu de l’enrôlement de 2022 à l’Office National de l’Identification de la Population (ONIP). La cérémonie s’est tenue au ministère de l’Intérieur à Kinshasa, en présence de plusieurs autorités politico-administratives.
Cet acte, loin d’être une simple formalité administrative, marque une avancée stratégique dans la construction du fichier général de la population et montre surtout la volonté des institutions congolaises de mutualiser leurs données pour bâtir un système d’identification moderne, fiable et inclusif.
Une base essentielle pour l’identification des citoyens
Le fichier électoral remis à l’ONIP a été constitué lors des opérations d’enrôlement de 2022. Il servira désormais de socle technique pour soutenir l’identification systématique des citoyens sur l’ensemble du territoire national. À travers cette démarche, les autorités entendent renforcer la qualité des données démographiques, un outil indispensable pour une meilleure planification des politiques publiques.
Dans son intervention, Denis Kadima a tenu à clarifier la portée de cette transmission.
« Le fichier électoral, constitué en 2022, appelle impérativement une actualisation, car depuis son établissement, des évolutions significatives sont intervenues au sein de la population », a-t-il déclaré.
Le président de la centrale électorale a insisté sur la nécessité d’un travail continu d’assainissement des données.
« Il est donc indispensable d’en retirer les personnes décédées, de prendre en compte les changements de résidence et d’y intégrer les citoyens devenus majeurs après l’opération d’enrôlement. Cela signifie une chose simple mais fondamentale : ce fichier nécessite une mise à jour régulière et rigoureuse », a-t-il martelé.
Un chantier national à vocation inclusive
Au-delà de la dimension technique, la démarche s’inscrit dans une vision plus large de construction d’un État moderne. Pour Denis Kadima, le futur fichier général de la population devra couvrir toutes les personnes vivant en RDC, sans exclusion.
« Le fichier électoral n’est donc pas une fin en soi. Il constitue une base, un socle précieux, mais perfectible, appelé à être enrichi, corrigé et complété », a-t-il poursuivi, avant de souligner que la citoyenneté congolaise dépasse les frontières nationales.
Le président de la CENI a en effet plaidé pour l’intégration des Congolais de la diaspora dans ce vaste chantier.
« La citoyenneté ne s’arrête pas aux frontières. Un tel chantier implique un travail de terrain profond, méthodique et inclusif, mais aussi une mutualisation intelligente des efforts et des ressources », a-t-il renchéri.
L’ONIP salue un tournant administratif majeur
Du côté de l’ONIP, la réception de ce fichier est perçue comme un moment charnière. Le directeur général de l’institution a qualifié cette remise de tournant décisif dans la modernisation de l’administration publique congolaise. Selon lui, l’accès à ces données permettra d’accélérer la mise en place d’un registre national d’identification fiable, attendu depuis plusieurs années.
Cette collaboration entre la CENI et l’ONIP vise le partage d’informations publiques, considérée comme indispensable pour améliorer la gouvernance administrative et la connaissance statistique de la population.
Le gouvernement encourage la synergie institutionnelle
Présent à la cérémonie, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a salué cette avancée et encouragé la poursuite de la collaboration entre les institutions concernées. Pour le gouvernement, la fiabilité du fichier général de la population constitue un pilier de la réforme de l’état civil et de la modernisation de l’État.
La cérémonie s’est déroulée dans un climat de coopération, en présence des cadres du ministère de l’Intérieur, des responsables de l’ONIP et des membres de la CENI, tous conscients des enjeux stratégiques liés à ce processus.
En remettant officiellement ce fichier, la CENI contribue activement à la construction d’un système administratif plus cohérent.
« Ce que nous posons aujourd’hui, ce n’est pas un simple acte administratif. C’est une pierre essentielle dans la construction d’un État moderne, organisé et souverain. La CENI assume pleinement son rôle, avec responsabilité, transparence et esprit de collaboration », a résumé Denis Kadima.
Si les opérations d’actualisation sont menées avec rigueur, cette mutualisation des données pourrait profondément améliorer la gestion de l’état civil, la planification publique et la connaissance réelle de la population congolaise.
Lydia Mangala



« Ce que nous posons aujourd’hui, ce n’est pas un simple acte administratif. C’est une pierre essentielle dans la construction d’un État moderne, organisé et souverain. La CENI assume pleinement son rôle, avec responsabilité, transparence et esprit de collaboration », a résumé Denis Kadima.