Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a clôturé ce lundi la retraite stratégique du ministère placée sous le thème de la performance et de la redevabilité. Pendant trois jours, les principaux responsables du secteur financier public ont évalué les résultats de l’exercice 2025 et défini les priorités de gestion pour 2026.
Autour du Ministre, les membres du cabinet, les directeurs généraux des régies financières, le Secrétariat général ainsi que les responsables des structures sous tutelle – notamment la COREF, le CTR, le CEFEF et le BCECO – ont travaillé à l’élaboration d’une feuille de route jugée « ambitieuse, réaliste et mesurable », alignée aux priorités nationales.
Des contrats de performance pour ancrer la culture des résultats
Moment fort de la cérémonie : la signature des contrats de performance pour l’exercice 2026. Ces engagements lient formellement les régies financières et les entités sous tutelle à des objectifs précis en matière de mobilisation des recettes et d’amélioration de la gestion publique.
Un signal clair, selon le Ministre, de la volonté du Gouvernement d’inscrire l’action publique dans une logique de résultats mesurables et de responsabilité accrue.
En reconnaissance des performances enregistrées en 2025, trois régies ont été distinguées :
• La DGDA (Douanes) : Prix de la Performance pour avoir atteint 102 % de ses assignations ;
• La DGI (Impôts) : Prix d’Excellence avec un taux de réalisation de 100 % ;
• La DGRAD : Prix d’Encouragement pour stimuler ses efforts de mobilisation.
Un bilan macroéconomique jugé solide
Dans son allocution, Doudou Fwamba a dressé le bilan d’une gestion qu’il qualifie de « résiliente », malgré un contexte marqué par des contraintes sécuritaires persistantes et des tensions budgétaires.
Parmi les indicateurs mis en avant :
• Une croissance économique moyenne de 7 % entre 2020 et 2025 ;
• Une inflation ramenée de 23,8 % en 2023 à 2,3 % fin 2025 ;
• Une appréciation de la monnaie nationale d’environ 27 % en 2025 ;
• Des réserves de change atteignant 7,9 milliards USD, contre 1,1 milliard en 2019.
Selon le Ministre, ces performances ont permis de soutenir le financement des infrastructures, des voiries urbaines, des projets énergétiques et des réformes structurelles, tout en maintenant la stabilité du cadre macroéconomique.
Cap sur les grands projets structurants
Le Gouvernement, dirigé par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, entend poursuivre plusieurs chantiers stratégiques, notamment :
• La relance du projet hydroélectrique de Grand Katende ;
• La modernisation des aéroports de N’djili, Luano, Mbuji-Mayi, Bunia et Beni-Mavivi ;
• Le désenclavement urbain de villes telles que Buta, Isiro, Bandundu et Kananga.
Le Ministre a rappelé que ces actions s’inscrivent dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« Face à la complexité des défis, notamment sécuritaires dans l’Est de notre pays, il n’est pas attendu de nous du défaitisme, mais un dépassement de soi », a-t-il déclaré.
Les priorités stratégiques pour 2026
La feuille de route 2026 s’articule autour de huit axes majeurs :
1. Accroître la mobilisation des ressources internes et externes ;
2. Mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre des programmes soutenus par le FMI ;
3. Intensifier la lutte contre la fraude fiscale et douanière ;
4. Accélérer les réformes du système fiscal, de la comptabilité publique et de la trésorerie ;
5. Généraliser la facture normalisée et renforcer la digitalisation des contrôles ;
6. Consolider la coordination entre politiques budgétaire et monétaire ;
7. Développer des financements innovants pour les infrastructures ;
8. Renforcer l’intégrité et l’inclusion financière, tout en consolidant la discipline budgétaire.
Le cadre macroéconomique 2026 projette une croissance du PIB de 5,3 %, principalement portée par le secteur extractif, avec une pression fiscale attendue à 12,3 % du PIB.
Intégrité et discipline budgétaire
En conclusion, Doudou Fwamba a insisté sur l’éthique dans la gestion publique, appelant à une lutte renforcée contre la fraude fiscale et au respect de l’obligation de déclaration de patrimoine.
Il a également rendu hommage aux forces de défense et de sécurité engagées pour la préservation de l’intégrité territoriale, avant d’inviter les agents et cadres du secteur à adopter une culture de gestion fondée sur l’intégrité, la performance et l’innovation.
L’année 2026 s’annonce ainsi comme une étape de consolidation des acquis et d’accélération des réformes, avec pour ambition affichée une amélioration tangible du pouvoir d’achat des populations.
Joséphine Mawete



« Face à la complexité des défis, notamment sécuritaires dans l’Est de notre pays, il n’est pas attendu de nous du défaitisme, mais un dépassement de soi », a-t-il déclaré.