Le 7 février est une date gravée en lettres d’or dans l’histoire du football congolais. Pour les supporters des Léopards, c’est le jour où la République Démocratique du Congo a trôné sur le toit de l’Afrique au Rwanda en remportant le CHAN. Pour Junior Bahometo, ancien latéral droit emblématique du DCMP et de l’AS Vita Club, c’est bien plus qu’une ligne au palmarès. C’est le point de départ d’une vie de champion.
Ce jour-là, sous la pluie fine de Kigali, les Léopards de Florent Ibenge ont livré une prestation magistrale face aux Aigles du Mali au Stade Amahoro. Dans une finale maîtrisée de bout en bout, la RDC s’est imposée 3-0, portée par le génie de ses individualités locales.
En fait, Meschack Elia, intenable, s’était offert un doublé spectaculaire (29e et 62e minute), confirmant son statut de révélation du tournoi et meilleur joueur. Son compatriote, Jonathan Bolingi avait scellé le sort de la rencontre à la 73e minute, déclenchant l’hystérie collective à Kinshasa et partout au pays.
« Ma toute première médaille »…
Dix ans plus tard, Junior Bahometo s’est confié au micro de Léopards Foot pour revivre cette épopée. Pour celui qui a arpenté les couloirs droits des deux plus grands clubs de la capitale, l’émotion reste intacte.
« C’est un souvenir immense. Le 7 février 2016, j’ai remporté ma première médaille continentale et le premier grand trophée de ma carrière. Sur le plan personnel, je dois énormément au CHAN, car cette compétition m’a beaucoup apporté », a-t-il déclaré avec reconnaissance.
Au-delà de la nostalgie, l’ancien international a exprimé son amertume face à l’actualité du football africain. En fait, lors de la dernière conférence de presse de la CAN Maroc 2025, à Rabat, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a confirmé la suppression du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN). Pour Bahometo, cette décision prive les talents du continent d’une exposition unique
« Le CHAN mettait en valeur les joueurs évoluant dans les championnats locaux, contrairement à la CAN où les joueurs évoluant en Europe sont davantage médiatisés. C’était une vitrine exceptionnelle pour nous. », a-t-il regretté.
Alors que le rideau s’apprête à tomber sur cette compétition, les souvenirs de 2016 rappellent que le vivier congolais, lorsqu’il est mis en lumière, est capable de conquérir les sommets
Josaphat Mayi


