En début d’après-midi du jeudi 28 mai, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, accompagné du ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, a foulé le sol de la ville de Bunia en exécution des instructions du président de la République. Cette mission gouvernementale de haut niveau vise à faire le point sur le suivi de l’expansion de la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en Ituri et à renforcer les moyens des équipes opérant sur plusieurs piliers de l’intervention sanitaire.
Dès son arrivée, le ministre de la Santé a tenu à rassurer sur la progression des opérations sur le terrain, affirmant que la réponse est en cours de déploiement et que les autorités veulent en améliorer l’efficacité.

« Je suis de retour à Bunia pour poursuivre le suivi de l’évolution de la 17ᵉ épidémie d’Ebola déclarée en Ituri. Aux côtés des équipes de riposte, des autorités locales et de nos partenaires, nous renforçons la coordination des interventions afin de protéger les populations et contenir rapidement cette épidémie. Nous accordons également une attention particulière à la communication, car une information fiable et responsable est essentielle pour lutter contre les rumeurs et renforcer la confiance des communautés », a déclaré Samuel Roger Kamba à son arrivée.
Dans la continuité de ses déclarations, le ministre a insisté sur le fait que les équipes sanitaires sont déjà déployées et que la mission actuelle consiste à observer et améliorer leur organisation sur le terrain. Il a rappelé que les actions prioritaires portent notamment sur la recherche active des contacts et le suivi rigoureux des personnes présentant des signes suspects.
« La réponse est en train de se déployer. Nous sommes venus voir comment elle s’organise et comment elle devient plus efficace », a-t-il précisé devant la presse, ajoutant que la stratégie vise à rendre l’intervention plus opérationnelle et plus rapide.

Le ministre a également souligné que les décisions prises dans le cadre de la riposte reposent sur une coordination étroite avec les autorités locales et les partenaires techniques, dans un contexte marqué par une forte vigilance sanitaire.
Dans la continuité des activités de la journée, un briefing spécial s’est tenu dans la soirée à Bunia, organisé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, au cabinet du gouverneur de province, afin de faire le point sur l’évolution de la riposte contre Ebola, de partager les informations actualisées sur la situation sanitaire et de renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes impliquées dans la gestion de l’épidémie.

Sur la question des guérisons, Samuel Roger Kamba a indiqué qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions générales.
« À ce stade, on ne peut pas encore faire de commentaires sur les guérisons », a-t-il déclaré, appelant à la prudence dans l’interprétation des données sanitaires.
Concernant le suivi de l’épidémie, il a rappelé que les statistiques doivent être comprises avec rigueur scientifique.
« Nous continuons à donner les chiffres de manière brute afin de retrouver tous les contacts et toutes les personnes présentant des symptômes », a expliqué le ministre, précisant que sur 648 tests réalisés, 125 cas ont été confirmés positifs en laboratoire, tandis que plusieurs cas restent suspects et en analyse.
Les autorités sanitaires ont également indiqué que 906 cas suspects et 223 décès suspects sont actuellement recensés, tout en soulignant que ces chiffres ne correspondent pas exclusivement à des cas confirmés d’Ebola.
Sur la prise en charge médicale, le ministre a rassuré sur la disponibilité des centres de traitement.
« Nous avons 105 personnes qui sont dans les centres de traitement. On ne peut pas nous dire que l’épidémie est hors contrôle », a-t-il insisté, rejetant toute idée de perte de maîtrise de la situation.
Dans le cadre de la stratégie de riposte, les autorités ont également confirmé un premier cas officiellement guéri d’Ebola Bundibugyo.
« C’est une jeune dame qui travaille au laboratoire qui est maintenant complètement guérie et qui a eu deux tests de contrôle négatifs », a annoncé le ministre de la Santé lors du briefing spécial tenu à Bunia.
La question vaccinale a également été abordée, notamment concernant la possibilité d’utiliser des vaccins russes. Le ministre a affirmé que le gouvernement reste ouvert à toutes les propositions, à condition qu’elles répondent aux exigences scientifiques strictes.

Il a insisté sur le fait que toute décision doit être fondée sur l’évaluation, la validation et la sécurité des produits, en s’appuyant sur les autorités sanitaires compétentes afin de garantir une riposte sûre et adaptée.
Sur le plan éducatif, Samuel Roger Kamba a été catégorique concernant les écoles.
« Nous n’allons pas fermer les écoles », a-t-il affirmé, expliquant que le maintien des activités scolaires s’accompagne de mesures de prévention renforcées, notamment l’installation de dispositifs d’hygiène, la sensibilisation et le contrôle sanitaire dans les établissements.
Le ministre a également rappelé que les enfants doivent être pris en charge rapidement en cas de symptômes, soulignant que les cas pédiatriques évoluent généralement mieux lorsqu’ils sont détectés tôt.
Dans la province de l’Ituri, le gouverneur militaire Johnny Luboya Nkashama a dénoncé une forte désinformation entourant la situation sanitaire, qu’il qualifie d’infodémie.
« Le plus grand problème que j’ai depuis que je suis ici à l’Ituri, c’est l’infodémie et la désinformation », a-t-il déclaré, appelant à une meilleure circulation de l’information fiable.
Il a salué l’intervention rapide du gouvernement central ainsi que l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rappelant que les autorités ont mobilisé les chefs de communautés et les radios locales pour contrer les fausses informations.
« Dès que le ministre de la Santé a déclaré cette épidémie, directement il s’est déporté ici chez nous », a-t-il souligné.
Le gouverneur a également indiqué que des mesures de sécurité ont été renforcées autour des centres de traitement, notamment après des incidents signalés à Rwampara, assurant que les dispositifs actuels permettent d’anticiper les risques.

Au-delà des aspects sanitaires, les autorités misent désormais sur la communication de proximité et la mobilisation communautaire pour renforcer la confiance et améliorer l’adhésion aux mesures de prévention.
« Dans toutes les épidémies, il y a toujours une résistance communautaire. C’est la communication de crise qui bâtit progressivement la confiance », a reconnu le ministre de la Santé.
Le gouvernement affirme par ailleurs que les équipes médicales poursuivent la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts et la prise en charge des malades dans les zones touchées, tout en maintenant un dispositif renforcé pour contenir rapidement la propagation du virus en Ituri.
Lydia Mangala


