Face à la réapparition du virus Ebola en Ituri et à sa propagation jusque dans la zone de santé d’Oicha, les autorités provinciales du Nord-Kivu ont renforcé leur dispositif de riposte sanitaire.
Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 27 mai à Beni, le gouverneur Évariste Somo Kakule a détaillé une série de mesures immédiates visant à freiner la progression de l’épidémie. Parmi les priorités figure l’installation d’un laboratoire de diagnostic à Beni, afin d’éviter l’acheminement des prélèvements vers Goma, Bunia ou Kinshasa, et de réduire les délais d’analyse.
Transféré depuis Butembo, ce centre d’analyses devrait entrer en service d’ici environ une semaine, selon les autorités provinciales. Sa mise en place permettra d’accélérer la confirmation des cas suspects ainsi que la prise en charge des patients sur place.
Pour limiter la transmission, plusieurs restrictions ont été adoptées notamment la suspension des activités sportives et des grands rassemblements publics jusqu’à nouvel ordre, l’interdiction des cérémonies impliquant des contacts avec de l’eau et la fermeture temporaire des piscines publiques. Les marchés, écoles et lieux de culte restent ouverts, mais les regroupements massifs y sont strictement encadrés, sous réserve du respect des mesures barrières.
Le secteur des transports est également concerné par un renforcement des règles sanitaires. Les taxis voient leur capacité réduite, tandis que les motos-taxis ne peuvent transporter qu’un seul passager en plus du conducteur. Des dispositifs de lavage des mains seront installés dans les zones à forte affluence afin de renforcer l’hygiène communautaire.
Sur le plan sanitaire, la province fait état de 11 cas confirmés d’Ebola, dont 7 décès, selon le dernier bilan des services de santé. Parallèlement, les contrôles aux frontières ont été intensifiés, notamment aux postes de Kasindi et Kamango avec l’Ouganda, afin de limiter la propagation vers d’autres territoires.
Ces mesures sont prises dans un contexte de mobilisation accrue des équipes médicales et des autorités locales, déterminées à contenir rapidement la flambée épidémique dans la région de Beni.
Joëlle Luniongo


