Le Silikin Village a servi de cadre, ce jeudi 28 mai, au lancement officiel de Streameex AIO (All In One), une plateforme numérique innovante conçue comme un écosystème intégré dédié à la création, à la diffusion et à la monétisation des contenus.
Bien au-delà d’une simple présentation technologique, cette conférence de presse a constitué un véritable espace de réflexion sur les mutations du numérique africain, notamment les défis liés à la rémunération des créateurs, à la connectivité et à l’adaptation des systèmes de paiement aux réalités locales.
Dès l’ouverture, les organisateurs ont tenu à repositionner l’initiative dans une vision plus large. L’événement ne se limitait pas à dévoiler un nouvel outil, mais visait à interroger les mécanismes actuels de l’économie numérique et à proposer une alternative adaptée aux contextes africains.
« Cette cérémonie n’est pas seulement une démonstration d’un outil, mais une opportunité d’aborder les enjeux de la monétisation, de la diffusion et de la valorisation des créateurs de contenu », a souligné le modérateur, évoquant une ambition clairement tournée vers l’international.
Prenant la parole, le CEO Gracy Omokoso a dressé un diagnostic sans détour du marché actuel.
« Aujourd’hui, 1 000 vues peuvent générer à peine 0,3 dollar sur certaines plateformes. Cela signifie que les créateurs africains produisent énormément, mais en tirent très peu de revenus », a-t-il expliqué.

Il a pointé un déséquilibre structurel où la majorité des revenus publicitaires provient d’audiences occidentales, alors même que les contenus sont majoritairement consommés localement.
« Ce modèle ne nous avantage pas. Il fallait repenser toute la chaîne de valeur », a-t-il ajouté, posant ainsi les bases de la vision portée par Streameex.

Dans cette logique, la plateforme se présente comme une solution véritablement intégrée, réunissant dans un même environnement le live streaming, la vidéo à la demande, les formats courts, les séries, les formations en ligne, les webinaires et les interactions communautaires.
L’objectif est de mettre fin à la fragmentation des outils numériques et de permettre aux créateurs de centraliser leurs activités.

« Nous ne voulons plus que les créateurs jonglent entre plusieurs applications pour exister. Avec Streameex, tout est centralisé », a insisté Gracy Omokoso, soulignant que cette simplification vise aussi à maximiser les opportunités de revenus.
La question de la monétisation a constitué l’un des points centraux des échanges avec les médias.

Gracy Omokoso a détaillé un modèle économique reposant sur plusieurs leviers complémentaires, combinant abonnements, ventes directes de contenus, dons en direct et revenus publicitaires.
« Le créateur doit redevenir le centre du système. S’il génère de la valeur, il doit en bénéficier directement », a-t-il affirmé.

Selon lui, la plateforme introduit une logique de redistribution plus équitable, pouvant permettre aux créateurs de percevoir une part significative des revenus générés, rompant ainsi avec les modèles traditionnels jugés désavantageux.

Sur la question de la monétisation, Samuel Biselele, CTO de Streameex, a apporté des précisions importantes sur l’approche adoptée par la plateforme. Il a insisté sur la volonté de construire un système plus cohérent et mieux structuré autour des réalités des créateurs africains.
« Aujourd’hui, il existe plusieurs solutions sur Internet, mais elles restent fragmentées et souvent mal adaptées à notre contexte. Ce que nous faisons avec Streameex, c’est créer un environnement où tout est organisé et maîtrisé », a-t-il expliqué.

Dans cette logique, il a souligné que la plateforme permet d’accompagner le créateur à toutes les étapes de son parcours, de la production à la monétisation.
« Un créateur peut concevoir son contenu, le publier et le faire évoluer directement sur notre plateforme, sans dépendre d’outils externes », a-t-il précisé, mettant en avant la volonté de réduire la dispersion des ressources et de renforcer l’autonomie des utilisateurs.

Samuel Biselele a également insisté sur l’importance de l’accompagnement. Selon lui, Streameex ne se limite pas à fournir des outils numériques, mais propose une approche plus globale intégrant un soutien structuré et personnalisé.
« La plateforme ne s’arrête pas à la technologie. Nous mettons aussi l’accent sur l’accompagnement des créateurs, avec un suivi adapté, des orientations stratégiques et un encadrement progressif », a-t-il indiqué.

Il a par ailleurs évoqué une démarche évolutive, basée sur l’amélioration continue et la collaboration avec différents partenaires afin d’adapter la plateforme aux exigences du marché.
« Nous travaillons à faire évoluer constamment notre système pour qu’il reste compétitif et qu’il réponde réellement aux besoins des utilisateurs », a-t-il ajouté.

Cette approche vise, selon lui, à garantir non seulement la performance technique de la plateforme, mais aussi sa capacité à générer un impact concret sur l’économie des créateurs.
Interrogée sur les défis de connectivité en République démocratique du Congo, le CEO Gracy Omokoso a reconnu les limites existantes tout en adoptant une posture résolument pragmatique.
« Oui, la connexion reste un défi, mais c’est justement dans cette réalité que nous devons innover », a-t-il déclaré.

Il a évoqué des solutions techniques intégrées à la plateforme, notamment l’adaptation automatique de la qualité vidéo en fonction du débit et des optimisations destinées à réduire la consommation de données. Des mises à jour futures devraient également permettre d’améliorer davantage l’expérience utilisateur dans des environnements à faible connectivité.
La question des paiements, souvent problématique sur le continent, a également été au cœur des discussions. Streameex AIO intègre des solutions adaptées aux usages locaux, notamment le Mobile Money, en plus des cartes bancaires et des portefeuilles numériques.
« L’objectif est de permettre aux créateurs de retirer leurs revenus en argent réel, facilement et en toute sécurité », a précisé Gracy Omokoso, insistant sur la conformité de la plateforme aux exigences réglementaires.

Les initiateurs du projet ont insisté sur l’importance de l’accompagnement humain. Une session de coaching, organisée dans l’après-midi, permettra à plusieurs créateurs de contenu de se former aux stratégies de production, à la gestion d’audience et aux mécanismes de monétisation. Le but est de structurer un véritable écosystème, où les utilisateurs ne se contentent pas d’accéder à des outils, mais apprennent à en exploiter pleinement le potentiel.
La journée se poursuivra dans une ambiance plus festive avec une soirée de lancement réunissant près d’une centaine d’invités et plusieurs milliers de spectateurs en ligne.
Entre démonstrations techniques, réseautage et interventions d’acteurs du secteur, l’événement sera marqué par la remise des premiers Streameex Awards, récompensant des créateurs pour leurs performances. Les artistes Michel Bakenda, Grâce Luzolo et Sila Bisalu seront honorés, illustrant la volonté de la plateforme de valoriser les talents locaux.
Deux initiatives majeures seront également dévoilées à cette occasion, dont « La Star du Net », un programme destiné à révéler de nouveaux créateurs à travers un concours, ainsi que les Streameex Awards, appelés à devenir un rendez-vous annuel de reconnaissance de l’excellence créative.
Portée par le slogan « Designed by Congolese for Congolese creators », Streameex AIO ambitionne de construire un écosystème numérique inclusif, capable de répondre aux besoins des créateurs africains tout en les connectant au marché mondial.
« Nous ne sommes pas là pour copier ce qui existe, mais pour proposer une solution adaptée à notre réalité », a conclu le CEO.
Avec ce lancement, Streameex AIO se positionne comme une initiative structurante pour l’économie numérique en République démocratique du Congo et, plus largement, en Afrique. À la croisée de l’innovation technologique, de la vision économique et de la valorisation des talents, la plateforme entend désormais s’imposer comme un acteur clé du streaming et de la monétisation du contenu africain.
Lydia Mangala


