Kinshasa, 27 mai 2026 – Onze jours après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires dressent un état des lieux préoccupant mais se veulent rassurantes quant à l’organisation de la riposte.
Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont coanimé, mardi 26 mai, un briefing spécial consacré à l’évolution de cette épidémie provoquée par la souche Bundibugyo.
Plus de 300 millions USD d’engagements des partenaires

Au cours de cette rencontre avec la presse, le ministre de la Santé a révélé que le plan national de riposte a été évalué à 319 millions de dollars américains.
Selon Roger Kamba, les partenaires techniques et financiers de la RDC ont déjà exprimé des engagements dépassant les 300 millions USD pour soutenir les opérations sanitaires. De son côté, le Gouvernement congolais a déjà débloqué une première enveloppe de 20 millions USD destinée aux interventions d’urgence sur le terrain.
Une épidémie encore en phase de progression
Le dernier bilan communiqué par les autorités sanitaires fait état de près de 1 000 cas suspects, dont 101 cas confirmés. Les autorités recensent également 220 décès probables, parmi lesquels 17 ont été confirmés.
La riposte a permis jusque-là d’identifier et de retracer 3 600 personnes contacts, tandis que 230 contacts considérés à risque ont été isolés dans des structures hospitalières.
À ce jour, trois provinces sont concernées par l’épidémie :
• l’Ituri, avec sept zones de santé affectées ;
• le Nord-Kivu, avec trois zones touchées ;
• le Sud-Kivu, où une zone de santé est concernée.
Le ministre de la Santé a reconnu que l’épidémie demeure encore dans une phase ascendante, caractérisée par une augmentation progressive des cas et des décès.
« Après onze jours seulement, nous sommes encore au début de l’épidémie », a-t-il expliqué, estimant entre cinq et six mois le délai nécessaire pour parvenir à maîtriser totalement la propagation du virus.
Pas encore de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo
Roger Kamba a également précisé qu’aucun vaccin ni traitement curatif spécifique n’existe actuellement contre la souche Bundibugyo.
En attendant, les équipes médicales utilisent des antiviraux généraux afin de limiter les effets du virus chez les patients pris en charge.
Le Gouvernement congolais mène néanmoins des discussions avec des chercheurs américains ayant développé un anticorps monoclonal ciblant plusieurs souches d’Ebola, notamment les variantes Soudan, Zaïre et Bundibugyo.
Selon le ministre, des essais cliniques pourraient être envisagés sur des patients congolais dès que les échanges scientifiques et réglementaires seront finalisés.
Kinshasa insiste sur le retrait des troupes rwandaises
Le ministre de la Santé a par ailleurs indiqué que le déploiement des équipements médicaux et des équipes de riposte se poursuit dans les zones affectées.
S’agissant des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Roger Kamba a réaffirmé la position du Gouvernement congolais exigeant le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais afin de faciliter l’accès des équipes sanitaires aux zones touchées.
Pour les autorités, une riposte efficace ne peut se limiter à l’acheminement du matériel médical.
« Les zones concernées nécessitent le déploiement complet d’une stratégie de riposte, avec des équipes spécialisées disposant de l’expertise et de l’expérience nécessaires », a souligné le ministre de la Santé.
Joséphine Mawete


