Les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), qui se tiennent du 25 au 29 mai 2026 au Centre International de Conférence de Kintele à Brazzaville, ont été marquées par une avancée majeure dans le domaine des infrastructures régionales avec le lancement officiel de l’Avis d’appel à propositions (AAP) pour la sélection du concessionnaire privé chargé du projet du Pont Route-Rail reliant Kinshasa à Brazzaville sur le fleuve Congo.
Ce lancement a eu lieu lors d’une réunion de haut niveau réunissant plusieurs acteurs institutionnels et financiers, dont le Vice-Premier ministre congolais en charge des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, ainsi que le Vice-Premier ministre de la République du Congo chargé des infrastructures, Jean-Jacques Bouya.

Étaient également présents des représentants d’Africa50, de la BAD, de la CEEAC, ainsi que des groupements d’entreprises internationales intéressés par ce projet stratégique.
Ce pont Route-Rail, longtemps envisagé dans les plans d’intégration sous-régionale, est présenté comme un levier essentiel pour renforcer les échanges économiques, commerciaux et humains entre la République démocratique du Congo et la République du Congo.
En marge de ces assises, une annonce majeure a également retenu l’attention. Le Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a confirmé la suppression des visas pour les ressortissants des pays africains à partir du 1er janvier 2027.
Cette mesure s’inscrit dans une vision d’intégration continentale et de libre circulation des personnes, en cohérence avec les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Elle vise à faciliter les échanges et à renforcer les liens entre les peuples africains.
Lors de l’ouverture des Assemblées annuelles, le chef de l’État congolais a également mis en avant la vision « Congo 2063 », un cadre stratégique de développement à long terme axé sur la diversification économique, la promotion du secteur privé et le développement durable.
Il a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de financements pour le développement du continent, tout en garantissant leur bonne utilisation afin de produire un impact réel sur les populations.
Dans le même esprit, le président de la BAD a rappelé que des ressources importantes existent pour l’Afrique, estimées à plus de 180 milliards de dollars, mais restent insuffisamment exploitées en raison du manque de projets bancables.

En marge des travaux, le Président Denis Sassou Nguesso, Grand maître des ordres nationaux, a décoré six hauts cadres de la BAD. Deux d’entre eux ont été élevés au rang de commandeurs et quatre au rang de chevaliers, en reconnaissance de leur contribution au développement économique du continent.
Ces Assemblées annuelles de la BAD à Brazzaville apparaissent ainsi comme un moment clé de réflexion stratégique sur l’avenir du continent africain, avec un accent particulier sur la mobilisation des financements, la transformation structurelle des économies et l’accélération de l’intégration régionale.
Entre grands projets d’infrastructures, réformes de mobilité et visions de long terme, l’Afrique centrale affiche clairement son ambition de se positionner comme un pôle dynamique du développement continental.
Lydia Mangala


