Invité de l’émission Bosolo Na Politik sur Bosolo Télévision, au micro du journaliste Israël Mutombo, le Directeur général du Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), Laurent Munzemba, a partagé une intervention dense mêlant retour d’expérience personnel, défense de la souveraineté économique africaine et présentation des résultats de son institution, devenue un instrument central de la politique nationale de promotion de l’entrepreneuriat.
Le DG du FOGEC a d’abord évoqué ses débuts dans l’univers médiatique, rappelant avec émotion son passage dans les premières années de Bosolo.
« Je connais Bosolo depuis 2018, dans un petit studio exigu. Aujourd’hui, voir ce que c’est devenu montre que la détermination et la volonté finissent toujours par produire des résultats », a-t-il confié, saluant le chemin parcouru par le média et la persévérance de ses initiateurs.
Revenant sur son propre itinéraire, Laurent Munzemba a évoqué sa candidature parlementaire non aboutie, qu’il refuse de considérer comme un échec.
« Je n’ai jamais été candidat malheureux. J’ai fait une belle campagne, j’ai travaillé, mais je n’ai pas été élu. C’est une expérience », a-t-il déclaré, estimant que ce parcours a renforcé sa compréhension des réalités politiques et institutionnelles du pays.
Il a défendu une vision souveraine de la démocratie africaine, rejetant toute idée d’ingérence extérieure dans les choix politiques du continent.
« En Afrique, on accède au pouvoir par les urnes et par la volonté du peuple. Ce ne sont pas les Occidentaux qui décident de notre sort », a-t-il insisté, appelant à une réappropriation du destin africain par les Africains eux-mêmes.
Créé en 2020 dans le cadre de la stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat, le FOGEC se positionne comme un mécanisme de garantie destiné à faciliter l’accès au crédit bancaire pour les entrepreneurs congolais.
« Le FOGEC finance les projets des jeunes Congolais, y compris ceux de la diaspora. Toutefois, ces projets doivent être générateurs de revenus et justifier d’au moins six mois d’existence », a expliqué Laurent Munzemba, insistant sur la nécessité de structurer et formaliser les initiatives entrepreneuriales.
Il a également précisé le rôle fondamental de son institution dans le système financier.
« Le FOGEC se doit de garantir les banques contre toutes les craintes qu’elles peuvent exprimer quant à l’octroi des crédits aux demandeurs de financement de projets », a-t-il souligné.
Sur le plan des performances, le Directeur général a présenté un bilan qu’il qualifie d’encourageant. Depuis sa mise en œuvre, le FOGEC a accompagné plus de 450 PME et contribué à la création de plus de 4 000 emplois directs et indirects.
« Grâce aux crédits que nous facilitons, nous avons réussi à créer plus de 4 000 emplois », a-t-il affirmé, mettant en avant l’impact concret de l’institution sur le tissu économique national.
Le montant total des financements mobilisés dépasse 5,3 millions de dollars américains, avec une montée progressive du plafond de financement, passé de 50 000 à 300 000 dollars, afin de soutenir des projets de plus grande envergure.
Laurent Munzemba a reconnu les difficultés initiales liées à la méfiance des banques vis-à-vis du mécanisme de garantie. Pour y remédier, le FOGEC a dû recourir à des garanties en liquidités afin de sécuriser les premiers financements.
« Au départ, les banques ne faisaient pas confiance au mécanisme. Nous avons dû recourir à des garanties en cash pour sécuriser les crédits », a-t-il expliqué, évoquant une phase transitoire aujourd’hui dépassée grâce à la montée en crédibilité de l’institution.
Selon lui, cette évolution démontre un renforcement progressif de la confiance entre l’État et les partenaires financiers, condition essentielle à l’élargissement de l’accès au financement.
Clôturant son intervention, le DG du FOGEC a tenu à lever toute ambiguïté sur la nature de son institution.
« Le FOGEC est un instrument national ; ce n’est pas un outil politique. Je n’ai aucun pouvoir d’accompagner les projets d’un parti », a-t-il éclairé.
Il a insisté sur le fait que seuls les projets répondant aux critères techniques et économiques sont retenus, indépendamment de toute affiliation politique.
Laurent Munzemba a ainsi mis en avant une institution en pleine consolidation, devenue un levier stratégique de financement indirect, de création d’emplois et de structuration de l’entrepreneuriat congolais.
Dans un contexte de transformation économique progressive, le FOGEC s’impose comme un acteur clé de la politique de développement, contribuant à bâtir une économie plus inclusive et tournée vers la production nationale.
Lydia Mangala


