Plusieurs femmes congolaises ont réagi aux critiques et attaques verbales visant la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, à la suite de sa récente intervention médiatique. Elles dénoncent notamment la multiplication de propos jugés insultants sur les réseaux sociaux et appellent à un débat public plus respectueux.
Une critique jugée légitime, mais des dérives condamnées
Si certaines voix reconnaissent des insuffisances dans la communication de la cheffe du Gouvernement, elles estiment qu’il est nécessaire de distinguer la critique politique des attaques personnelles.
« La critique est aisée et l’art difficile », a souligné Gisèle Kapinga, rappelant que la parole publique exige rigueur, préparation et responsabilité, surtout dans un contexte institutionnel.
Dans la même logique, Susie Bakajika a estimé qu’il s’agit davantage d’« une crise de communication que d’une crise institutionnelle », rappelant que ce type de situation peut concerner toute personnalité publique exposée.
Des réactions fermes contre les attaques personnelles
Plusieurs intervenantes ont dénoncé le ton jugé excessif de certains commentaires en ligne.
« Insulter la Première ministre revient à porter atteinte à l’institution qu’elle représente », a déclaré Sylvie Bongo, exprimant son soutien à la cheffe du Gouvernement.
Pour Feza Micka, ces dérives traduisent « une banalisation des violences verbales dans l’espace public », particulièrement à l’égard des femmes en position de responsabilité.
De son côté, Léonnie Kandolo a rappelé que la Première ministre est « la première femme à occuper cette fonction en RDC », estimant que les attaques personnelles dépassent le cadre du débat politique.
Appel à une communication mieux maîtrisée
Certaines analyses insistent également sur la nécessité d’améliorer la communication institutionnelle.
« Le format de l’intervention n’était pas adapté », a estimé Ange Kasongo Adihe, appelant à un meilleur encadrement des prises de parole officielles.
Un débat plus large sur le respect dans l’espace public

Dans une intervention, Joséphine Mawete a rappelé que la critique des dirigeants est normale en démocratie, mais que « l’atteinte à la dignité, surtout sur base du genre, ne devrait pas être tolérée ».
Pour ces différentes voix féminines, cette polémique met en lumière un enjeu plus large : celui du respect des femmes dans l’espace public et politique.
Elles appellent ainsi à recentrer le débat sur la critique constructive, tout en rejetant fermement les discours injurieux, afin de préserver la qualité du dialogue démocratique en République démocratique du Congo.
La rédaction


