Ancien capitaine emblématique du BC Terreur et figure incontournable du basketball kinois, Christian Kadima exporte aujourd’hui son talent de meneur sur les parquets ivoiriens. Fort d’un parcours marqué par des succès à la Liprobakin, des expériences à l’international et une progression constante, il incarne une génération de joueurs déterminés à franchir un cap.
Entre ambition, résilience et soif de performance, le meneur ambidextre se confie sur son parcours, ses défis et son rêve toujours intact de s’imposer chez les Léopards Seniors, dans cet entretien exclusif accordé à Zolanews.
Rédaction : Christian, vous évoluez actuellement dans le championnat ivoirien pour une pige de deux mois. Comment se passe votre intégration technique et tactique au sein de votre nouveau club ?
Christian Kadima : L’intégration se passe très bien. Nous formons une équipe jeune, habitée par une excellente ambiance, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. C’est un cadre idéal pour s’exprimer.
Rédaction : En tant que meneur de 1m80, vous évoluez dans un championnat ivoirien réputé pour son intensité physique. Quelles sont les principales différences que vous avez notées par rapport au style de jeu congolais ?
Christian Kadima : En Côte d’Ivoire, le championnat est effectivement très physique. Au Congo, nous avons cette particularité d’allier l’impact physique à une grande rapidité de jeu. Même si chaque match ici présente une intensité constante, cela représente pour moi un défi technique et athlétique très intéressant à relever.
Rédaction : Votre parcours est marqué par une grande diversité, du Gabon (Relais BB) jusqu’à la Chine. Avec le recul, comment l’expérience universitaire en Chine, bien qu’écourtée par la pandémie, a-t-elle forgé votre mental de compétiteur ?
Christian Kadima : La Chine était une opportunité magnifique pour concilier mes études universitaires et ma passion. Malheureusement, la pandémie de COVID-19 a stoppé cet élan. Mais cela ne m’a pas découragé : je suis revenu au pays pour m’imposer sur la scène locale. Cette épreuve m’a permis de devenir le joueur que je suis aujourd’hui. Je rends grâce à Dieu, car je reste convaincu qu’Il a un plan précis pour moi.
Rédaction : Vous avez été un pilier du BC Terreur pendant dix saisons, gravissant les échelons de la D2 à la D1, avec quatre titres de la Liprobakin à votre actif. Que retenez-vous de cette hégémonie sur le basket kinois ?
Christian Kadima : Le BC Terreur est le club qui a véritablement forgé mon jeu. Sans le basketball kinois, je n’aurais probablement jamais été repéré pour la sélection ou pour des contrats à l’étranger. Je garde une reconnaissance immense pour ce club et pour la ferveur du basket à Kinshasa.
Rédaction : Vous avez la particularité d’être un meneur ambidextre. Est-ce un atout que vous travaillez spécifiquement pour compenser les défis face à des défenseurs plus athlétiques ?
Christian Kadima : J’ai commencé le basketball très jeune, presque enfant. Cela m’a permis de développer naturellement cette aisance des deux mains. C’est aujourd’hui ma force : peu importe que le défenseur me pousse à gauche ou à droite, je garde le contrôle. Cela me permet de mieux gérer la pression défensive, surtout face à des joueurs plus grands ou plus puissants.
Rédaction : Après cette pige en Côte d’Ivoire, vous prévoyez de rejoindre Génération Espoir pour les playoffs et la Coupe du Congo. Quel sera votre principal objectif pour ce retour au pays ?
Christian Kadima : Mon ambition est claire : je reviens pour gagner. Je veux mettre mon expérience au service de Génération Espoir pour hisser l’équipe vers l’excellence et décrocher des trophées.
Rédaction : Quart de finaliste avec les U18 en 2018, vous avez ensuite connu deux présélections avec les Seniors (Dakar et Angola 2024). Comment vit-on ces moments où l’on effleure de si près la sélection finale ?

Christian Kadima : Être appelé en sélection a toujours été une immense fierté. Porter les couleurs nationales est une opportunité d’apprendre aux côtés des meilleurs et de valoriser mon image d’athlète. C’est un honneur que je ne prends jamais à la légère.
Rédaction : Malgré ces présélections sans entrée définitive sur le terrain en compétition officielle, vous semblez plus déterminé que jamais. Qu’est-ce qui manque encore pour franchir ce dernier palier ?
Christian Kadima : Je ne vois pas cela comme un échec, mais comme un message m’encourageant à travailler davantage. Cela me pousse à améliorer mes performances, que ce soit en club ou lors des tournois internationaux. Mon objectif est de redoubler d’efforts pour que, la prochaine fois, mon nom soit inscrit de manière définitive sur la liste finale.
Rédaction : Pour vous qui avez connu les catégories de jeunes, que représenterait une sélection officielle chez les Seniors à ce stade de votre carrière ?
Christian Kadima : Cela représenterait tout. Pour ma carrière, pour ma vie d’homme. Représenter à nouveau mon pays au plus haut niveau est l’objectif qui me tient le plus à cœur. C’est le moteur de mon quotidien.
Rédaction : Un dernier mot pour les fans qui vous suivent depuis Kinshasa et pour la jeunesse congolaise qui voit en vous un exemple de persévérance ?
Christian Kadima : Je leur dirais simplement de croire en Dieu et de L’aimer. Comme le dit la Bible : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8:28). Avec la foi, on peut tout surmonter. Mais n’oubliez pas : le travail reste essentiel. Dieu bénit toujours le fruit de nos efforts et de notre sueur.
Josaphat Mayi


