Dans le quartier de Masina-Pétro-Congo, les habitants se retrouvent brutalement privés de leur toit après des opérations de démolition menées le long de la voie ferrée.
Si la préservation de l’emprise de sécurité ferroviaire est un impératif, la manière dont celles-ci ont été conduites a jeté plusieurs familles à la rue, brisant leurs efforts d’une vie pour accéder à un abri.
Des promesses non tenues face aux pelleteuses
Tout avait commencé par l’annonce de la démolition partielle des constructions empiétant sur l’emprise ferroviaire : quinze mètres devaient être détruits, laissant aux propriétaires la possibilité de conserver une bande de sept mètres en retrait du rail.
Pourtant, sans préavis ni accompagnement, les équipes de l’Office national des transports (ONATRA) et de l’Office de voirie et drainage (OVD) ont rasé l’intégralité des maisons, y compris celles de veuves et de familles modestes.
Une veuve privée de ses biens
Parmi les plus touchés, une femme âgée d’une soixantaine d’années avait travaillé dur pour acquérir sa parcelle et bâtir sa maison.
Consciente de la nécessité de libérer l’espace ferroviaire, elle avait accepté de perdre une partie de sa propriété, s’estimant capable de reconstruire sur l’emprise restante.
À son retour, c’est la désolation : murs éventrés, mobilier disparu et même les tôles, portes et fenêtres pillés par des jeunes du quartier.
Elle se retrouve désormais sans rien, sans recours pour récupérer ce qui faisait sa subsistance et son foyer.
Des habitants livrés à eux-mêmes
Les riverains se sentent trahis : ni relogement, ni aide matérielle n’a été proposée.
Tandis que l’ONATRA invoque la sécurité des trains, les familles demandent un encadrement plus humain et transparent, ainsi que l’indemnisation des pertes subies.
Sans alternative d’hébergement, nombre d’entre eux ont dû trouver refuge chez des voisins ou sous des tôles, craignant les pluies et l’insécurité de la nuit.
Les habitants de Masina-Pétro-Congo exhortent aujourd’hui les autorités provinciales et nationales à organiser une médiation urgente, incluant l’octroi de parcelles alternatives ou d’aides à la reconstruction, afin de concilier aménagement ferroviaire et respect de la dignité des riverains.
Lydia Mangala


