La Ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a présidé, le mardi dernier, une séance d’évaluation du projet de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), mettant en lumière des progrès significatifs mais aussi des défis persistants qui menacent la durabilité des acquis.
Soutenue par la coopération sud-coréenne KOICA et mise en œuvre avec l’appui technique du Programme des Nations Unies pour le développement, de l’UNICEF et de l’Fonds des Nations Unies pour la population, cette initiative multisectorielle vise à renforcer la prise en charge des victimes de violences dans le Grand Kasaï, ainsi que dans d’autres provinces ciblées.
Au cours de cette évaluation, les acteurs judiciaires et sécuritaires ont salué les résultats obtenus sur le terrain. Le commissaire de la Police nationale congolaise à Kananga a notamment souligné les efforts de renforcement des capacités des forces de sécurité et des acteurs judiciaires.
Selon les données présentées, plus de 70 condamnations ont été prononcées dans des dossiers liés aux violences sexuelles, un résultat qualifié de progrès majeur dans la lutte contre l’impunité.
Le représentant du bâtonnier a, pour sa part, insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne pénale afin d’améliorer la fluidité des procédures et l’efficacité judiciaire.
Malgré ces résultats encourageants, la Ministre a mis en garde contre une fragilité structurelle persistante. Le président du Tribunal de grande instance de Kananga a alerté sur le manque criant de magistrats, qui ralentit le traitement des dossiers et risque de compromettre les avancées enregistrées.
Autre point préoccupant, la faible prise en charge des victimes lors des procédures en appel, une situation qui fragilise le parcours de justice et de réparation des survivantes.
Sur le plan social, le centre intégré de Lukonga a été présenté comme un modèle de réussite dans l’accompagnement des victimes, mais les partenaires appellent à un renforcement de l’ancrage communautaire pour briser durablement le cycle des violences.
Dans son intervention, Micheline Ombae a insisté sur la nécessité d’assurer la continuité des services au-delà des financements internationaux. Elle a annoncé son engagement à porter le plaidoyer auprès du gouvernement central pour renforcer les ressources humaines et matérielles du secteur judiciaire.

« La lutte contre les violences basées sur le genre doit devenir une politique publique durable, et non une action dépendante des projets », a-t-elle souligné.
Cette évaluation intervient dans un contexte où les autorités congolaises entendent consolider les mécanismes de protection des femmes et des filles, particulièrement dans les zones post-conflit du pays, où les violences restent un défi majeur pour la stabilité sociale.
Lydia Mangala


