La République démocratique du Congo se rapproche d’un tournant décisif dans la restauration de sa crédibilité financière internationale. Sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Gouvernement intensifie ses efforts pour sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI).
Ce jeudi, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, a présidé une réunion stratégique de la Task-Force du Comité de pilotage et de suivi du plan d’actions du Groupe d’examen de la coopération internationale (COPS-ICRG). Une rencontre de haut niveau qui traduit la volonté de Kinshasa d’accélérer les réformes engagées dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Une mobilisation institutionnelle de haut niveau
Autour de la table, plusieurs figures clés de l’appareil étatique : le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, la Vice-ministre des Finances, Gracia Yamba, ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wa Messo. À leurs côtés, les responsables des structures spécialisées, notamment la CENAREF, l’ARCA, le FOLUCCO, le COLUB et l’UNICEP.
Cette coordination multisectorielle illustre l’ampleur des enjeux : il ne s’agit pas seulement d’un impératif technique, mais d’un levier stratégique pour l’économie nationale.
Des avancées significatives vers l’objectif final

Au cœur des discussions : l’évaluation du niveau d’exécution du plan d’actions convenu avec le GAFI. Sur les 23 mesures prioritaires identifiées, 20 ont déjà été pleinement mises en œuvre, soit un taux d’exécution avoisinant les 90 %.
Un résultat salué par le Ministre des Finances, qui voit dans cette progression un signal fort envoyé à la communauté internationale.
« La sortie de la liste grise est un objectif stratégique, au croisement de la restauration de notre crédibilité financière internationale et de l’amélioration du climat des affaires », a-t-il déclaré.
Des réformes structurelles en profondeur
Les échanges ont permis de mesurer les avancées concrètes du dispositif national, notamment :
• le renforcement du cadre légal, avec l’adoption de textes structurants ;
• l’intensification des enquêtes et des poursuites liées au blanchiment de capitaux ;
• le renforcement des contrôles basés sur les risques par les autorités de régulation, dont la Banque centrale et l’ARCA.
Ces efforts traduisent une mutation progressive du système financier congolais vers plus de transparence, de rigueur et de conformité aux standards internationaux.
Cap sur l’évaluation finale
Le Gouvernement se prépare désormais pour une étape décisive : la réunion en face-à-face prévue en avril prochain en Namibie. À cette occasion, les autorités congolaises devront démontrer l’effectivité des trois actions restantes, notamment en matière de sanctions et de contrôles opérationnels.
Parallèlement, deux échéances majeures se profilent : l’adhésion de la RDC au Groupe Egmont en juin 2026, qui facilitera l’échange international de renseignements financiers, et son intégration à l’ESAAMLG, renforçant son ancrage régional dans les mécanismes de lutte contre les flux financiers illicites.
Pérenniser les acquis et renforcer l’attractivité
Conscient des enjeux à long terme, Doudou Fwamba a instruit les services compétents de préparer un plan d’actions post-ICRG. Objectif : éviter tout retour sur la liste grise et consolider durablement les réformes engagées.
En toile de fond, une ambition claire : renforcer la confiance des partenaires et attirer davantage d’investissements directs étrangers dans un environnement assaini.
En clôturant la réunion, le Ministre des Finances a réaffirmé « l’engagement irréversible du Gouvernement en faveur de la transparence financière et de l’intégrité de l’État de droit ».
Joséphine Mawete


