En marge de la 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa, la question de l’urbanisation de la capitale congolaise s’est invitée au cœur des échanges économiques. À travers une séquence d’échange et de validation documentaire entre la société Dassault Systèmes et le Comité Stratégique de Supervision du Projet d’Extension de la Ville de Kinshasa (CSSPEVK), les autorités ont posé les bases d’un projet ambitieux pour accompagner l’expansion de Kinshasa vers sa périphérie Est, jusqu’à la commune de Maluku.
En présence du ministre d’État en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, cette initiative a été présentée comme un chantier structurant, à la fois urbain, économique et stratégique. Baptisé « Kia Mona », ce projet vise à répondre à une réalité désormais incontournable de la pression démographique croissante sur Kinshasa et la saturation progressive de ses infrastructures.
Face à cette dynamique, le gouvernement congolais entend anticiper plutôt que subir. L’extension vers Maluku entre ainsi dans une logique de planification urbaine visant à mieux organiser la croissance de la ville, tout en désengorgeant les zones déjà fortement densifiées. Logements, routes, services publics, zones d’activités, le projet se veut global et intégré, avec l’ambition de dessiner une nouvelle centralité urbaine.
Mais au-delà de l’aménagement du territoire, les autorités y voient un levier économique majeur. Lors de son intervention, le ministre Alexis Gisaro a insisté sur la nécessité de renforcer le partenariat franco-congolais autour de cette initiative. L’objectif de mobiliser des capitaux, attirer une expertise technique et accélérer la mise en œuvre concrète du projet.
Dans cette perspective, la Semaine française de Kinshasa apparaît comme une plateforme idéale pour capter l’attention des investisseurs internationaux, notamment français. Le message adressé est que la RDC ne cherche plus seulement des partenaires, mais des acteurs capables de s’engager dans des projets structurants à long terme.
Le projet « Kia Mona » s’inscrit également dans un contexte mondial en mutation, marqué par la transition énergétique, les défis climatiques et la recomposition des chaînes de valeur. Autant de facteurs qui poussent les grandes métropoles africaines à repenser leur développement urbain en intégrant durabilité, innovation et attractivité économique.

Reste que les ambitions devront se confronter à des réalités concrètes. La réussite de cette extension dépendra de la capacité à mobiliser des financements conséquents, à sécuriser des partenariats solides et à garantir une gouvernance efficace pour transformer cette vision en un véritable pôle de développement.
Kinshasa tente désormais de
maîtriser et de transformer son expansion en opportunité. Maluku pourrait ainsi devenir, à terme, bien plus qu’une extension géographique, un nouveau moteur de croissance pour la capitale congolaise.
Lydia Mangala


