Face à la multiplication des panneaux publicitaires et à la dégradation progressive du paysage urbain de la capitale congolaise, le débat sur l’encadrement du secteur de la publicité extérieure refait surface. À l’occasion de la rentrée parlementaire de mars, l’honorable Jared Phanzu a déposé à l’Assemblée provinciale de Kinshasa une proposition d’Édit visant à réformer la réglementation de l’affichage publicitaire dans la ville.
Cette initiative législative propose de modifier et compléter l’Édit n°004/2007 du 28 décembre 2007, un texte qui encadre depuis près de deux décennies l’implantation des structures publicitaires et l’affichage publicitaire dans la capitale. Selon les motivations de la proposition, ce cadre juridique, élaboré dans un contexte urbain et technologique différent, apparaît aujourd’hui partiellement inadapté aux réalités actuelles de Kinshasa.
Au cours des dernières années, la capitale congolaise a connu une croissance urbaine rapide accompagnée d’une expansion notable du secteur de la publicité extérieure. Des panneaux traditionnels aux écrans numériques modernes, en passant par les supports mobiles et itinérants, les dispositifs publicitaires se sont fortement diversifiés, transformant certains axes de la ville en véritables vitrines commerciales à ciel ouvert.
Cette évolution s’est également accompagnée d’une montée en puissance des technologies numériques. L’apparition des écrans LED, LCD et autres supports digitaux a profondément modifié les pratiques du secteur, rendant certaines dispositions de la réglementation actuelle insuffisantes pour encadrer ces nouveaux formats.
Dans ce contexte, la proposition d’Édit portée par l’honorable Jared Phanzu vise à moderniser et à clarifier le cadre légal régissant la publicité extérieure dans la capitale. L’objectif est d’adapter la réglementation aux nouvelles réalités technologiques, économiques et urbaines tout en renforçant les mécanismes de gouvernance publique.Parmi les innovations envisagées figure la mise en place d’un cadastre publicitaire numérique. Cet outil permettrait de recenser de manière systématique l’ensemble des dispositifs publicitaires installés dans la ville, facilitant leur suivi, leur contrôle et leur gestion par les autorités provinciales.
La réforme prévoit également la numérisation des procédures administratives liées à l’installation et à l’exploitation des structures publicitaires. Les démarches d’autorisation et de contrôle pourraient ainsi être digitalisées afin de renforcer la transparence, réduire les lourdeurs administratives et améliorer la traçabilité des décisions publiques.
En parallèle, le texte propose de renforcer les mécanismes de régulation technique et administrative afin de mieux encadrer l’implantation des panneaux publicitaires. L’objectif est d’éviter les installations anarchiques qui contribuent à la pollution visuelle de la ville et peuvent parfois représenter un risque pour la sécurité des usagers de la route.
La réforme prévoit également l’instauration d’une redevance d’occupation publicitaire du domaine public provincial juridiquement sécurisée. Cette mesure vise à améliorer la mobilisation des recettes publiques en encadrant de manière plus rigoureuse l’exploitation commerciale des espaces publics.
Cette réforme pourrait permettre à la Ville-Province de Kinshasa de mieux valoriser son patrimoine urbain tout en renforçant ses capacités financières. En encadrant plus strictement l’implantation des dispositifs publicitaires, les autorités provinciales espèrent préserver l’esthétique de la capitale et contribuer à un environnement urbain plus ordonné.
Dans une ville confrontée à de nombreux défis liés à la planification urbaine, à la sécurité routière et à la gestion des espaces publics, cette initiative ouvre la voie à une réflexion plus large sur la manière de concilier développement économique, innovation technologique et qualité du cadre de vie pour les habitants de Kinshasa.
Lydia Mangala


