En marge du segment de haut niveau du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, clôturé le 25 mars à Genève, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a présenté aux médias internationaux accrédités à l’ONU un rapport accablant publié le 21 février 2026 par son ministère. Ce document détaille les exactions attribuées au Rwanda et à ses supplétifs de l’AFC/M23 dans les villes de Goma, Bukavu et leurs environs, sous occupation depuis près de douze mois.
Avant de remettre l’intégralité du rapport en français et en anglais, le ministre a tenu à mettre en avant plusieurs données qu’il qualifie de « glaçantes » :
– Une femme violée toutes les quatre minutes ;
– 17 015 atteintes à la vie et à l’intégrité physique ;
– 7 millions de déplacés forcés ;
– Des pillages systématiques de minerais au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Le cas des mines de Rubaya a particulièrement retenu l’attention. Selon le rapport, environ 30 000 exploitants artisanaux y seraient retenus sous contrainte et forcés de produire chacun jusqu’à 3 kilogrammes de coltan par jour. Sur la base d’un prix estimé à 70 dollars le kilogramme, le manque à gagner annuel dépasserait les 2 milliards de dollars pour ce seul site minier.
Face à ces accusations, Samuel Mbemba a demandé à la communauté internationale de prendre des sanctions contre le président rwandais, Paul Kagame, l’accusant d’avoir aggravé la situation sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo.
Le ministre a affirmé que le silence, dans le cas de la RDC, n’est pas synonyme de neutralité mais de complicité, appelant les États membres des Nations Unies à assumer leurs responsabilités face à la gravité des faits dénoncés.
Cette prise de parole, considérée comme une offensive diplomatique plus large de Kinshasa, vise à internationaliser davantage la crise dans l’Est du pays. En rendant public ce rapport devant les médias accrédités aux Nations Unies, les autorités congolaises cherchent à renforcer la pression politique et diplomatique autour de la situation sécuritaire et humanitaire à Goma, Bukavu et dans les territoires environnants.
La publication de ce document intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, sur fond d’accusations récurrentes de soutien de Kigali aux rebelles du M23, des accusations que le Rwanda continue de rejeter.
Kinshasa espère ainsi placer la question des responsabilités au centre des débats internationaux et obtenir des mesures concrètes en faveur des populations affectées.
Lydia Mangala


