Ce qui devait être le point d’orgue de la 6e journée des play-offs de l’IllicoCash Ligue 1 a viré au cauchemar. Le choc au sommet entre l’AS Vita Club et le FC Les Aigles du Congo s’est arrêté de la pire des manières mercredi 21 mai. Des incidents d’une rare violence ont éclaté à la 87e minute de jeu, transformant la pelouse du stade Tata Raphaël en un véritable champ de ruines.
Face à ce spectacle désolant, la réaction de l’instance faîtière du football congolais ne s’est pas fait attendre. Élu à peine la veille, le mercredi 20 mai, le nouveau comité exécutif de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), sous la direction de Véron Mosengo-Omba, a immédiatement pris ses responsabilités. Dans un communiqué officiel publié sur ses canaux digitaux, la fédération a condamné ces actes avec la plus grande fermeté.
« Le Comité exécutif de la Fédération Congolaise de Football Association exprime sa profonde consternation et condamne avec la plus grande énergie les actes de violence déplorables survenus au stade Tata Raphaël », a déclaré l’instance nationale.
Le nouveau leadership du football congolais a profité de cette crise pour réaffirmer ses priorités. Véron Mosengo-Omba et son équipe rappellent que la violence n’a absolument pas sa place dans les enceintes sportives. Pour la FECOFA, le football doit demeurer un vecteur de paix, d’unité et de cohésion sociale, où les familles peuvent se rendre sans craindre pour leur sécurité. L’instance a ainsi annoncé avoir instruit le comité exécutif de la Linafoot de mener des enquêtes rigoureuses afin d’identifier les auteurs de ces troubles et de leur imposer des sanctions exemplaires.
Pourtant, sur la pelouse, l’ambiance des grands jours régnait dans les travées du stade au coup d’envoi. Poussés par un public en ébullition, les « Bana Mbongo » de l’AS Vita Club ont cueilli à froid les Samouraïs des Aigles du Congo dès la 6e minute de jeu en ouvrant le score.
Fort de cet avantage précoce, l’AS Vita Club a longtemps cru tenir sa victoire en s’appuyant sur un grand Loïc Mongita dans les cages. Le portier vclubien, en état de grâce depuis sa première titularisation face au FC Saint-Éloi Lupopo, a écœuré les attaquants adverses en enchaînant des arrêts spectaculaires. Grâce à cette solidité défensive, le club surfait sur une belle dynamique d’invincibilité dans ces play-offs, redonnant le sourire à des milliers de supporters venus en masse.
La frustration, l’arbitrage et l’étincelle Ikangalombo
En effet, le second acte a malheureusement vu la tension monter dans les tribunes. Les supporters de Vita Club ont commencé à fustiger ouvertement plusieurs décisions de l’arbitre de la rencontre, Tabitha Botendra. Le point de rupture a été atteint lorsque l’officiel a annulé un but de Mpiana Mozizi pour une position de hors-jeu, une décision jugée litigieuse et fortement discutable par le public moscovite. Cette frustration s’est transformée en colère noire quelques instants plus tard.
À la 87e minute, le FC Les Aigles du Congo a profité d’un relâchement de la défense adverse pour remettre les pendules à l’heure. Jonathan Ikangalombo, ancien sociétaire de l’AS Vita Club, a inscrit le but de l’égalisation (1-1). Par respect pour son ancien club, l’attaquant a sobrement refusé de célébrer sa réalisation.
Cette égalisation tardive a agi comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les supporters locaux. Rendus furieux par le scénario du match et les décisions arbitrales, des dizaines de supporters de Vita Club ont envahi la pelouse, provoquant l’arrêt définitif et immédiat de la partie.
Pour l’heure, ce premier test sécuritaire et disciplinaire place d’emblée le mandat de Véron Mosengo-Omba, fraîchement élu, sous le signe de la fermeté.

Josaphat Mayi


