Le football congolais est officiellement entré dans une nouvelle ère. Vingt-quatre heures après son plébiscite triomphal au Salon Congo de l’Hôtel Pullman, Véron Mosengo-Omba a pris possession de ses bureaux de l’avenue de la Justice. La traditionnelle cérémonie de remise et reprise s’est déroulée ce jeudi 21 mai 2026 au siège de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), scellant la fin de la longue période de normalisation et le début d’un mandat de quatre ans porteur de lourdes responsabilités.
Mais au-delà du formalisme administratif de l’événement, c’est une déclaration forte et empreinte d’une grande élégance managériale qui a marqué les esprits. Pour ses premiers mots en tant que président en fonction, l’ancien secrétaire général de la Confédération Africaine de Football (CAF) a choisi de placer la gratitude au centre de sa gouvernance en saluant publiquement le travail titanesque abattu par la secrétaire générale, Lyly Tshimpumpu.
Dans un contexte de transition souvent propice aux ruptures brutales, Véron Mosengo-Omba a pris le contre-pied des usages en reconnaissant les sacrifices de l’équipe sortante face à la crise systémique qu’a traversée l’instance.
« Je ne serai jamais ingrat envers la secrétaire générale de la Fédération Congolaise de Football Association, Lyly Tshimpumpu, et son équipe. Vous avez fait un travail énorme. Merci beaucoup pour tout ce que vous avez fait. J’ai comme l’impression qu’on l’a jetée dans l’eau profonde sans bouée », a déclaré le nouveau président de la FECOFA.

Cette métaphore puissante traduit la pleine mesure qu’offre le nouveau patron du football national sur la complexité de la crise gérée ces derniers mois. En rendant cet hommage public, le président de la FECOFA ne fait pas qu’honorer une collaboratrice : il légitime la résilience de l’administration qui a maintenu l’édifice à flot. Jusqu’à nouvel ordre, Lyly Tshimpumpu conserve d’ailleurs ses fonctions, assurant ainsi une continuité technique indispensable au moment où les chantiers prioritaires frappent à la porte.
Pour rappel, Véron Mosengo-Omba s’est installé dans le fauteuil présidentiel fort d’une assise électorale incontestable. Seul candidat en lice le mercredi 20 mai, après un processus électoral rigoureux et intense, il a recueilli une majorité écrasante de 60 voix « pour » sur les 65 suffrages valablement exprimés (3 voix contre et 2 bulletins nuls), sous le regard des 68 délégués présents.
Si ce plébiscite lui confère une feuille de route claire et un soutien massif des acteurs du football local, l’héritage laissé reste particulièrement lourd. Entre la refondation des championnats nationaux (Linafoot), la réorganisation des directions techniques, la modernisation des infrastructures et la gestion des sélections nationales, le nouveau Comité exécutif sait que le temps de la célébration est déjà révolu.
En affichant dès le premier jour une cohésion interne et un respect mutuel avec l’appareil administratif existant, Véron Mosengo-Omba pose les bases d’une gouvernance qu’il veut visiblement rassembleuse. Reste désormais à traduire cette entente en réformes concrètes pour redonner au football congolais ses lettres de noblesse. Les yeux du public sportif sont désormais rivés sur l’avenue de la Justice.
Josaphat Mayi


