Le football congolais a revécu ses heures les plus sombres ce jeudi 21 mai. Alors que les amateurs du ballon rond s’attendaient à une fête totale pour ce choc au sommet des play-offs de la Linafoot, la rencontre opposant l’AS Vita Club au FC Les Aigles du Congo s’est arrêtée de la pire des manières. Des incidents d’une rare violence ont éclaté à la 87e minute de jeu, transformant la pelouse du stade Tata Raphaël en un champ de ruines.
Pourtant, la partie avait commencé sous les meilleurs auspices pour les « Bana mbongo ». Poussés par leur public, les Dauphins Noirs ont cueilli à froid les Samouraïs des Aigles du Congo dès la 6e minute de jeu en ouvrant le score.
Fort de cet avantage, l’AS Vita Club a pu compter sur un grand Loïc Mongita dans les cages. Le portier vclubien, en état de grâce depuis sa première titularisation face au FC Saint-Éloi Lupopo, a écœuré les attaquants adverses en enchaînant des arrêts spectaculaires. Grâce à cette solidité défensive, le club surfait sur une belle dynamique d’invincibilité dans ces play-offs, redonnant le sourire à des supporters venus en masse.
Le second acte a malheureusement vu la tension monter d’un cran dans les tribunes. Les supporters de Vita Club ont commencé à fustiger ouvertement plusieurs décisions de l’arbitre de la rencontre, Tabitha Botendra. Le point de rupture a été atteint lorsque l’officiel a annulé un but de Mpiana Mozizi pour une position de hors-jeu jugée litigieuse et fortement discutable par le public moscovite. Cette frustration s’est transformée en colère noire quelques instants plus tard. L’égalisation de Jonathan Ikangalombo, l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.

À la 87e minute, le FC Les Aigles du Congo a profité d’un relâchement de la défense adverse pour remettre les pendules à l’heure. Jonathan Ikangalombo, ancien sociétaire de l’AS Vita Club, a inscrit le but de l’égalisation (1-1). Par respect pour son ancien club, le joueur a sobrement refusé de célébrer sa réalisation.
Cette égalisation tardive a agi comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les supporters locaux. Rendus furieux par le scénario du match et l’arbitrage, des dizaines de supporters de Vita Club ont envahi la pelouse, provoquant l’arrêt définitif et immédiat de la partie. Le bilan de cette fin de match chaotique est particulièrement lourd et regrettable.
Sur le plan humain, plusieurs supporters ont été blessés dans les bousculades. Sur le plan matériel, les dégâts sont considérables. Les écrans LED publicitaires ont été vandalisés, la pelouse a été endommagée et d’importantes dégradations ont été constatées dans l’enceinte du stade Tata Raphaël.
Alors que le choc technique s’annonçait plaisant et indécis, le football sort grand perdant de cette après-midi. Ces scènes de désolation viennent une fois de plus ternir l’image de la Linafoot, un championnat national déjà en perte de vitesse et confronté à une faible affluence dans les stades.
Désormais, les regards se tournent vers la commission de discipline de la Linafoot et les autorités compétentes. Le public sportif espère que les auteurs de ces troubles seront rapidement identifiés afin que les responsabilités soient établies et que les sanctions soient sévèrement appliquées.
Josaphat Mayi


