Face aux défis sécuritaires et géopolitiques majeurs qui fragilisent la République démocratique du Congo, le débat sur notre Loi fondamentale ne peut plus être éludé. Eugène Diomi Ndongala, lors d’un point de presse tenu ce jeudi 21 mai 2026, a posé un diagnostic sans appel. La Constitution de 2006, héritée des accords de Sun City et de Pretoria, est devenue un cadre anachronique, incapable de répondre aux réalités d’un pays en état de guerre permanente.
Il est temps d’admettre que le texte de 2006 était le fruit d’un équilibre politico-militaire d’une époque révolue. Conçu pour une transition inclusive et une paix fragile, ce cadre juridique est aujourd’hui dépassé par l’agression hybride imposée par le Rwanda.
Selon l’ancien ministre des Mines, maintenir ce texte reviendrait à ignorer la triple rupture que traverse notre nation : une rupture sécuritaire et territoriale, une rupture dans la conscience nationale, désormais unanime face à la menace de Kigali, et une rupture de l’équilibre géopolitique régional.
Pour le leader de la Démocratie Chrétienne, nous vivons un décalage dangereux entre notre « Constitution matérielle », ce que le peuple congolais ressent et exige réellement aujourd’hui, et notre « Constitution effective », ce texte formel qui ne nous protège plus. Pour rétablir cette cohérence, il plaide pour une rupture qui, loin d’être nécessairement violente, doit être profonde et légitime.
Cette refondation est indispensable pour doter l’État de mécanismes de défense robustes, mieux protéger nos ressources naturelles et réaffirmer notre souveraineté face à toute velléité d’annexion ou de protectorat.
Toutefois, cette vision de changement constitutionnel est assortie d’une condition sine qua non : la priorité à la sécurité. Eugène Diomi Ndongala se montre catégorique. Il rejette l’idée d’un dialogue politique national, qu’il perçoit comme un vecteur d’infiltration, et appelle le chef de l’État à décréter l’état d’urgence nationale.
Pour lui, l’effort de la nation doit se concentrer exclusivement sur la récupération des territoires occupés dans l’Est. Le changement constitutionnel ne doit être envisagé qu’une fois la paix recouvrée, transformant alors notre Loi fondamentale en un véritable bouclier de résilience.
En somme, le passage d’une Constitution de « compromis post-guerre » à une « Constitution de souveraineté » n’est pas seulement un choix politique, c’est une exigence de survie nationale.
Joëlle Luniongo


