Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a apporté, mardi 19 mai 2026, des éclaircissements devant le Sénat sur plusieurs préoccupations liées aux engagements financiers du Gouvernement envers les provinces ainsi qu’à la gestion des biens zaïrianisés.
Intervenant dans le cadre de l’examen de deux questions orales avec débat initiées par le sénateur Célestin Vunabandi, le ministre a structuré ses réponses autour de cinq axes majeurs : les arriérés des institutions provinciales, le financement des infrastructures, le transfert des ressources aux provinces et l’opérationnalisation de la Caisse nationale de péréquation, la mobilisation des recettes nationales ainsi que la problématique des biens zaïrianisés.
Plus de 236 milliards CDF décaissés pour les Assemblées provinciales en 2025
Face aux préoccupations des sénateurs, Doudou Fwamba a présenté les efforts engagés par le Gouvernement pour résorber progressivement les arriérés des frais de fonctionnement des institutions provinciales, dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Selon les chiffres communiqués, plus de 193 milliards de francs congolais ont été décaissés en 2024 en faveur des Assemblées provinciales, contre 236 milliards CDF en 2025 et déjà 47 milliards CDF pour l’exercice 2026 en cours. Ces décaissements auraient permis de ramener les arriérés à huit mois.
Concernant les gouvernements provinciaux, le ministre a indiqué que 68 milliards CDF avaient été mobilisés en 2024, 142 milliards CDF en 2025 et 20 milliards CDF depuis le début de l’année 2026.
Les conseillers communaux ont également bénéficié de paiements importants. Le Gouvernement affirme avoir déboursé 67 milliards CDF en 2025, couvrant dix mois d’émoluments, tandis qu’un mois aurait déjà été payé en 2026 et deux autres seraient en cours de traitement.
Une stratégie budgétaire axée sur la régulation des dépenses

Le ministre des Finances a expliqué que le Gouvernement s’appuie sur une stratégie de régulation budgétaire et de planification rigoureuse de la trésorerie afin d’apurer progressivement les arriérés.
Cette approche repose notamment sur la priorisation des dépenses jugées contraignantes ou à fort impact socio-économique, ainsi qu’une programmation mensuelle et hebdomadaire destinée à limiter les tensions de liquidité.
Le Gouvernement poursuit les investissements dans les provinces
Abordant la question des infrastructures provinciales, Doudou Fwamba a rappelé la volonté du Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, de promouvoir un développement équilibré des provinces.
Il a précisé que les investissements sont déployés progressivement à travers plusieurs vagues de projets couvrant différentes provinces du pays.
Les premières phases ont concerné notamment Kinshasa, la Tshopo, le Haut-Uele, le Bas-Uele, l’Ituri, le Kasaï Central, la Lomami, le Sankuru ainsi que plusieurs provinces des espaces Grand Bandundu et Grand Équateur.
Selon le ministre, les provinces du Grand Katanga et du Grand Kivu devraient être les principales bénéficiaires de la prochaine phase des investissements publics.
Parmi les infrastructures citées figurent notamment des routes, des aéroports, des universités, des écoles, des hôpitaux, des barrages hydroélectriques ainsi que des ouvrages de lutte contre l’érosion.
Vers l’opérationnalisation de la Caisse nationale de péréquation
Sur le dossier de la Caisse nationale de péréquation, le ministre des Finances a reconnu l’existence de plusieurs contraintes techniques et institutionnelles freinant encore son opérationnalisation.
Le Gouvernement prévoit toutefois l’organisation, en juillet 2026, d’un atelier consacré à la mise en œuvre effective de cette structure destinée à réduire les inégalités de développement entre les provinces.
Ces assises devront permettre de clarifier les enjeux, de consolider le cadre opérationnel et de définir une feuille de route pour le fonctionnement de cette institution.
À l’issue des échanges, le sénateur Célestin Vunabandi a salué les explications fournies par le ministre des Finances, estimant qu’elles avaient permis d’éclairer davantage la Chambre haute sur ces différents dossiers.
Joséphine Mawete


