De janvier à avril 2026, l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) a déployé une série d’actions structurantes qui traduisent une montée en puissance de la République démocratique du Congo dans le domaine du numérique. Entre souveraineté technologique, cybersécurité, coopération régionale et protection des données, ces quatre premiers mois de l’année dessinent les contours d’un cadre numérique en pleine transformation.
Dès janvier, le ton a été donné avec une orientation claire vers le renforcement des capacités nationales. Sous l’impulsion de Christian Katende, l’ARPTC a organisé trois Master Class dédiées à la politique et à la régulation des technologies numériques, en mettant l’accent sur les enjeux spécifiques au contexte congolais.
Cette dynamique s’est rapidement prolongée sur le terrain de la cybersécurité, devenue une priorité stratégique. En partenariat avec l’Union internationale des télécommunications, un atelier de réponse aux incidents cybernétiques s’est tenu du 27 au 30 janvier, avec pour ambition de poser les bases opérationnelles d’un CERT sectoriel, outil essentiel pour anticiper et gérer les cybermenaces.
Le mois de février a marqué un tournant en matière de coopération régionale et de régulation du marché. Kinshasa a accueilli la 10ᵉ session ordinaire de la Conférence des régulateurs de l’ARTAC.
En tant que présidente en exercice, l’ARPTC a conduit les discussions sur l’harmonisation des tarifs d’interconnexion itinérants et sur l’intégration numérique en Afrique centrale, positionnant ainsi la RDC comme un acteur clé dans la construction d’un marché numérique sous-régional cohérent.
Parallèlement, sur le plan national, le régulateur s’est montré ferme face aux atteintes à l’intégrité du marché. Le 11 février, il a exprimé son indignation face à la fourniture illégale de services de télécommunications par le groupe MTN Group dans l’est du pays, en zones sous occupation du M23.
Une prise de position qui illustre la volonté de l’institution de défendre la souveraineté numérique et l’autorité de l’État sur son espace télécom. Dans la même dynamique, la participation au Comité juridique et politique de la CRASA a permis d’avancer sur l’harmonisation des cadres juridiques avec les pays d’Afrique australe.
En mars, l’ARPTC a élargi son champ d’action à l’innovation et à la gouvernance des données. Sa participation au Mobile World Congress de Barcelone a permis de capter les tendances mondiales en intelligence artificielle, 5G et services satellitaires, avec l’objectif d’adapter ces innovations aux réalités congolaises.
Sur le plan interne, une avancée majeure a été enregistrée avec le lancement du Réseau des Délégués à la Protection des Données (DPO), à l’occasion du troisième anniversaire du Code du numérique. Une initiative qui renforce le rôle de l’ARPTC comme autorité garante de la protection des données et de la confiance numérique.
La question environnementale n’a pas été en reste. Lors de la conférence régionale de l’EACO, l’accent a été mis sur la gestion des déchets électroniques, avec la promotion d’une régulation plus responsable et durable. Le mois de mars a également été marqué par un engagement affirmé en faveur du leadership féminin, porté notamment par Lydie Omanga, à travers des plateformes comme Level Up Makutano ou TEDx Kin Women, illustrant la volonté d’inclusion dans les filières technologiques.
Avril a consolidé cette dynamique en positionnant la RDC comme un acteur influent du dialogue international sur la régulation numérique. Kinshasa a accueilli le 23ᵉ séminaire du FRATEL, co-organisé avec l’ARCEP. Les échanges ont porté sur le partage d’infrastructures et l’amélioration de la qualité de service, deux leviers essentiels pour accélérer la connectivité.
Dans le même élan, les États Généraux des Postes et Télécommunications, ouverts par Félix Tshisekedi et clôturés par Judith Suminwa Tuluka, ont permis de poser les bases d’une vision nationale renouvelée du secteur. L’ARPTC y a réaffirmé son rôle central dans la structuration de cet écosystème en mutation.
Enfin, à travers sa participation à la 9ᵉ édition de la Semaine Française de Kinshasa, l’institution a renforcé sa stratégie d’ouverture et de partenariats internationaux, en mettant en avant les opportunités de coopération économique et technologique entre la RDC et ses partenaires.
Au terme de ces quatre mois, il se dégage le constat selon lequel l’ARPTC ne se limite plus à un rôle de régulateur classique, mais s’impose comme un véritable architecte du numérique congolais. Entre ambition souveraine, intégration régionale et innovation, la RDC amorce une transition stratégique vers un écosystème digital plus structuré, inclusif et résilient.
Lydia Mangala


