Le Kasaï-Oriental a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de développement économique avec l’organisation réussie du Grand Salon de l’Agribusiness et du Digital (GSAD) 2026, tenu du 15 au 16 mai à l’Université Officielle de Mbuji-Mayi. Cette édition spéciale, marquant les cinq ans du salon, a placé la province au cœur des réflexions sur la modernisation de l’agriculture, l’innovation technologique et l’attractivité des investissements en République démocratique du Congo.
Pour la toute première fois, cette plateforme d’envergure nationale s’est installée dans la capitale diamantifère, marquant une étape stratégique dans son ambition de couvrir progressivement l’ensemble des provinces de la République démocratique du Congo.
Placée sous le thème « Investir au Kasaï – Mbuji-Mayi : moderniser l’agribusiness par les secteurs stratégiques énergie, infrastructures, technologies et finances », cette rencontre a réuni autorités politico-administratives, institutions publiques et privées, investisseurs, partenaires techniques et financiers, universités, startups, coopératives agricoles et acteurs du numérique.
Pour une transformation de l’économie par l’agribusiness
Dès l’ouverture officielle, le Président fondateur du GSAD, Teddy Kolly, a rappelé la vision du salon.
« Le GSAD n’est pas un simple salon. C’est un programme national de transformation économique, un pont entre les acteurs publics et privés, les investisseurs et les producteurs, les jeunes et les opportunités », a-t-il souligné.

Dans son allocution, il a insisté sur la nécessité pour la RDC de sortir d’une économie dominée par le secteur minier pour valoriser pleinement son potentiel agricole.
« Pendant longtemps, le diamant a façonné l’image du Kasaï-Oriental. Mais aujourd’hui, nous affirmons que la véritable richesse se trouve aussi dans ses terres, ses champs et le génie créatif de sa jeunesse », a-t-il déclaré.
Il a également mis un accent sur la nécessité de passer d’une économie de subsistance à une économie de production intégrée et compétitive.
Cette vision entre dans la droite ligne de la politique nationale axée sur « la revanche du sol sur le sous-sol », visant à faire de l’agriculture un pilier majeur de la croissance économique.
Un potentiel agricole encore sous-exploité
Parrain de cette édition spéciale, le Gouverneur du Kasaï Oriental, Jean Paul Mbwebwa Kapo, a mis en lumière les richesses naturelles de la province, notamment ses vastes terres arables, tout en appelant les investisseurs à saisir les opportunités offertes dans la production, la transformation locale et les chaînes de valeur agricoles.
Un potentiel que les organisateurs du GSAD entendent transformer en véritable moteur de développement, dans un pays où plus de 80 millions d’hectares de terres arables restent largement sous-exploités.

« Nous importons plus de 3 milliards de dollars de nourriture par an. Ce n’est pas une fatalité, c’est une opportunité », a souligné Teddy Kolly.
Des panels stratégiques au cœur des échanges
Durant deux jours, le salon a été rythmé par une série de quatre panels stratégiques portant sur des thématiques clés telles que l’accès aux intrants agricoles et aux équipements modernes, la structuration des coopératives comme levier de financement, l’énergie et les infrastructures au service de l’agriculture, ainsi que le rôle central des femmes dans l’agribusiness.
Ces panels, modérés par le Co-Fondateur du GSAD, Jonathan Muyumb Ditend, ont permis de mettre en lumière les défis structurels mais aussi les solutions innovantes pour accélérer le développement du secteur.
Du discours à l’action : immersion sur le terrain

Le GSAD 2026 s’est distingué par son orientation concrète vers l’action, en facilitant les connexions directes entre entrepreneurs et investisseurs. Des institutions bancaires, dont la TMB et Ecobank, ont annoncé des promesses de financement en faveur de projets agricoles, confirmant ainsi le rôle du salon comme véritable passerelle d’opportunités économiques.
Sous la direction de Jonathan Muyumb, la deuxième journée a été consacrée à des descentes sur terrain, notamment sur des sites agricoles et agro-industriels de la province. Selon lui, cette démarche fait partie intégrante de l’approche du GSAD.

« Après les panels et les sessions officielles, nous organisons toujours des descentes sur le terrain pour ressentir la réalité des opérations agricoles dans les provinces », a-t-il mis l’accent.
La délégation, composée d’une quinzaine de partenaires stratégiques, notamment Enabel, l’ANAPI, Ecobank et la TMB, a ainsi visité plusieurs sites agricoles et agro-industriels, dont le site des entrepreneurs de Miya, situé sur la RN1, et la base agricole de Nkuadi.
Cette immersion a permis d’explorer concrètement des activités variées, allant de l’agriculture à l’élevage, en passant par la transformation et la gestion de vastes exploitations agricoles.
« Cela nous permet de comprendre les défis réels auxquels font face les acteurs locaux et d’y apporter des réponses concrètes en tant que plateforme », a expliqué Jonathan Muyumb.
Ces visites ont également mis en évidence l’importance des partenariats public-privé dans la relance de projets agricoles, certains sites ayant été repris et revitalisés par des opérateurs privés après des périodes d’abandon.
Un appel à la jeunesse congolaise
Dans son message, Teddy Kolly a lancé un appel à la jeunesse congolaise.
« Chers jeunes, votre avenir n’est pas seulement dans les mines, mais dans l’innovation, la transformation et l’agriculture moderne. L’agribusiness est le plus grand gisement d’emplois du XXIᵉ siècle », a-t-il martelé.
Il a également insisté sur l’importance de connecter agriculture et technologie pour garantir un développement durable et compétitif.

« Le GSAD, c’est une mission, une plateforme, une révolution. Nous sommes une armée verte et jeune déterminée à restaurer la dignité économique de notre pays », a résumé Teddy Kolly à l’issue de la première journée.
L’objectif est de bâtir un écosystème national capable de transformer durablement l’agriculture congolaise en un secteur moderne, compétitif et créateur de richesses.
Une dynamique appelée à s’étendre à l’échelle nationale

La clôture officielle, organisée dans une ambiance conviviale à la ferme agro-industrielle de Nkuadi, a été marquée par la remise des brevets de participation, des échanges de networking et un moment de consolidation des partenariats entre acteurs publics et privés.
Le GSAD 2026 s’impose ainsi comme un catalyseur de transformation économique pour le Kasaï-Oriental, positionnant Mbuji-Mayi comme un futur hub régional de l’innovation agricole et numérique.
Fort de ce succès, les organisateurs ont annoncé la poursuite du cycle des éditions 2026 du GSAD dans d’autres provinces stratégiques du pays. La prochaine étape est prévue à Kolwezi, dans la province du Lualaba, du 16 au 18 juillet 2026 au Village de Congrès, avant une autre édition majeure à Kinshasa du 20 au 22 août 2026.
Ces rendez-vous successifs visent à étendre la dynamique du GSAD à l’échelle nationale, afin de renforcer les synergies entre territoires, investisseurs et acteurs du développement, et d’accélérer la transformation structurelle de l’économie congolaise.
Le Kasaï-Oriental, nouvelle terre d’opportunités
Avec cette première édition organisée à Mbuji-Mayi, le GSAD a réussi son pari de repositionner le Kasaï-Oriental comme une nouvelle terre d’opportunités économiques.
Ce sont désormais des projets concrets, des financements et des partenariats solides qui émergent, ouvrant la voie à une transformation durable de l’économie locale.
Par cette edition, il revient de noter que l’avenir économique de la RDC ne se joue pas uniquement dans ses mines, mais aussi dans ses champs.
Lydia Mangala


