Leadership Academia University a officiellement lancé, ce vendredi 15 mai à Kinshasa, son Club économique ainsi que son Club entrepreneurial à travers une grande conférence économique et entrepreneuriale organisée autour du thème : « Entreprendre jeune dans un monde économique en mutation : ce que la jeunesse doit savoir ».
Cette activité, organisée dans l’enceinte de l’université, a réuni étudiants, enseignants, entrepreneurs, acteurs publics ainsi que plusieurs intervenants venus partager leurs expériences et sensibiliser les jeunes aux réalités économiques actuelles ainsi qu’aux opportunités entrepreneuriales en République démocratique du Congo.
Leadership Academia University entend créer un cadre permanent d’échanges, de formation et d’accompagnement destiné à développer chez les étudiants une culture entrepreneuriale axée sur l’innovation, la discipline, le leadership et la création de valeur.
Parmi les principaux intervenants de cette conférence figurait l’ambassadeur William Mukambila, président honoraire du Conseil national de la jeunesse, qui est intervenu autour de la question : « Où commence le succès d’une entreprise ? ».
Face aux étudiants, il a expliqué que l’entrepreneuriat moderne ne peut réussir sans une compréhension approfondie des besoins de la société et des mutations économiques actuelles.

« Nous sommes dans une économie en mutation permanente. Nous devons nous apprêter sur le sursaut pour devenir des entrepreneurs prometteurs », a-t-il déclaré.
Selon lui, entreprendre ne consiste pas uniquement à créer une activité génératrice de revenus, mais aussi à participer à la lutte contre le chômage, à la création de richesses et à la diversification de l’économie congolaise.
« L’entrepreneuriat dont nous parlons aujourd’hui est celui qui doit absorber le chômage, créer de nouvelles richesses et contribuer au développement du pays », a-t-il soutenu.

L’ambassadeur Mukambila a particulièrement insisté sur l’importance de l’analyse SWOT, forces, faiblesses, opportunités et menaces, comme outil indispensable pour tout jeune entrepreneur.
« Pour devenir un entrepreneur prometteur, il faudra faire usage de l’analyse SWOT dans la manière de gérer son entreprise. Cette analyse permet de se connaître soi-même et de connaître son environnement, ce qui va vous orienter à savoir quoi entreprendre pour satisfaire les besoins de la population », a-t-il expliqué.

Il a également averti les étudiants sur les risques liés à l’incapacité d’adaptation dans un contexte économique mondial en constante évolution.
« Si vous n’arrivez pas à accommoder votre temps pour offrir votre produit, votre entreprise va tomber en faillite », a-t-il prévenu.

Intervenant sur le thème « Cadre de régularisation des activités entrepreneuriales », Yvonne Chika Nabintu, fondatrice et dirigeante de Hodari, juriste et conférencière, a axé son exposé sur les exigences légales liées à l’exercice des activités entrepreneuriales en RDC.
Dans son intervention, elle a félicité les initiateurs des deux clubs, estimant que l’université doit aujourd’hui aller au-delà de la simple formation académique.
« L’université ne doit pas uniquement former des diplômés, mais également préparer des bâtisseurs, des innovateurs, des leaders et des acteurs capables de contribuer efficacement au développement économique de notre pays », a-t-elle déclaré.

Selon elle, l’entrepreneuriat représente aujourd’hui un instrument majeur de lutte contre le chômage et de promotion des contenus locaux.
« Entreprendre en République démocratique du Congo ne peut se limiter à la simple volonté de commencer une activité. Toute activité entrepreneuriale évolue dans un cadre strictement légal qu’il convient de connaître », a-t-elle insisté.
La juriste a ensuite détaillé plusieurs mécanismes de création et de régularisation d’entreprise en RDC, notamment les différentes formes juridiques existantes ainsi que les documents administratifs obligatoires.
« Parmi les documents essentiels figurent notamment le Registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM), les numéros d’identification nationale ainsi que les numéros d’impôts délivrés par la Direction générale des impôts », a-t-elle expliqué.
Elle a également évoqué le rôle de plusieurs institutions publiques intervenant dans la régulation des activités économiques et du marché de l’emploi, notamment l’Office national de l’emploi (ONEM).

Le Directeur général du Fonds spécial pour la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes (FSPEEJ), Joseph Mbuyi, est intervenu sur le thème : « De l’idée au lancement : comment devenir un entrepreneur crédible pour attirer les investisseurs ».
Dans un échange direct avec les étudiants, il a insisté sur la nécessité pour les jeunes entrepreneurs de développer non seulement des idées innovantes, mais surtout une véritable crédibilité.
« L’idée seule ne suffit pas. Les investisseurs aiment les preuves », a-t-il martelé.

Selon lui, plusieurs jeunes disposent de projets intéressants mais peinent à convaincre les investisseurs à cause du manque de vision claire et de préparation.
« Beaucoup de jeunes ont des idées, mais peu arrivent à convaincre les investisseurs. Le problème, ce n’est pas toujours l’idée, mais la crédibilité et la vision que vous portez », a-t-il déclaré.
Le responsable du FSPEEJ a expliqué que la réussite entrepreneuriale repose sur la capacité à répondre à des besoins réels de la population.
« Une idée devient forte lorsqu’elle répond à un besoin réel. Le marketing, c’est adapter le produit au besoin du client », a-t-il indiqué.

Dans son intervention, Joseph Mbuyi a également exhorté les étudiants à utiliser leur parcours universitaire comme un outil de transformation personnelle et professionnelle.
« Vous n’êtes pas venus à l’université uniquement pour obtenir un diplôme, mais pour transformer votre façon de voir, transformer votre vie et transformer votre destinée », a-t-il lancé à l’assistance.
« L’idée ouvre la porte, mais la crédibilité et la vision convainquent l’investisseur », a-t-il résumé son message.

L’une des interventions les plus marquantes de cette conférence a été celle du conférencier, motivateur et coach en revêtement mental Rigaud Gomba, qui a développé le thème : « Éthique et portrait psychologique de l’entrepreneur : les valeurs fondamentales pour un succès durable ».
Dans une prise de parole à la fois scientifique, motivationnelle et introspective, il a encouragé les étudiants à investir dans leur développement personnel, intellectuel et mental.
« Le monde avance avec des apprenants chaque jour », a-t-il déclaré.

Évoquant son propre parcours académique et professionnel, Rigaud Gomba a insisté sur l’importance de la formation continue et de l’acquisition permanente des connaissances.
Selon lui, plusieurs jeunes Congolais vivent davantage dans leurs rêves qu’ils ne vivent réellement de leurs rêves.
« Beaucoup de jeunes vivent dans leurs rêves au lieu de vivre de leurs rêves. Il ne suffit pas de rêver. Il faut transformer les rêves en réalités », a-t-il affirmé.

Le coach a également dénoncé la culture de comparaison sociale qui, selon lui, freine de nombreux jeunes entrepreneurs.
« Tout le monde ne réussira pas de la même façon. Il ne faut pas sombrer dans la comparaison », a-t-il conseillé.
Rigaud Gomba a insisté sur la discipline personnelle comme facteur déterminant du succès entrepreneurial.
« Le téléphone ne peut pas m’empêcher d’accomplir ce que je fais. Entre une salutation et le pouvoir de produire, moi je choisis de produire », a-t-il déclaré pour illustrer sa conception de la discipline.

Il a également invité les étudiants à développer une forte confiance en eux malgré les critiques et les découragements souvent rencontrés dans l’environnement social congolais.
« Un entrepreneur doit avoir une confiance en soi solide pour pouvoir tenir », a-t-il soutenu.
Abordant enfin la question de l’échec, le conférencier a encouragé les jeunes à considérer les difficultés comme des opportunités d’apprentissage et d’évolution.
« Chaque échec que vous rencontrez dans votre vie est une opportunité. Il faut prendre le bon côté de ce que l’échec vous apporte », a-t-il expliqué.
Pour lui, la clé d’un succès durable repose avant tout sur ce qu’il appelle la conscience juste à faire.

Leadership Academia University ambitionne, par ses clubs, de renforcer l’esprit entrepreneurial chez les jeunes et de créer une plateforme capable de rapprocher les étudiants du monde économique et professionnel.
Cette initiative vise également à préparer une nouvelle génération de jeunes leaders congolais capables de développer des projets innovants, de créer de l’emploi et de contribuer activement à la transformation économique de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


