Après trois cohortes successivement mises en œuvre et ayant permis de structurer progressivement l’accès au financement des entrepreneurs congolais, le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) a procédé, ce mardi 5 mai au Hilton Hôtel de Kinshasa, au lancement officiel de sa quatrième cohorte composée de 102 entrepreneurs issus de divers secteurs économiques, confirmant la montée en puissance d’un dispositif public devenu, au fil des années, un pilier du financement entrepreneurial en République démocratique du Congo.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, des partenaires financiers, des représentants des institutions d’encadrement, ainsi que des entrepreneurs bénéficiaires. Parmi les personnalités présentes figuraient le représentant de la Première ministre, le ministre d’Etat en charge de la Formation professionnelle et métiers, Marc Ekila, le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba, ainsi que des membres du conseil d’administration du FOGEC et divers mandataires publics.
Derrière cette progression institutionnelle, la gouvernance et la rigueur du Directeur général du FOGEC, Laurent Munzemba, apparaissent comme un facteur déterminant. Sous son leadership, l’institution a transformé une initiative administrative en un mécanisme financier structuré, reconnu par le système bancaire et les partenaires au développement, devenant ainsi un véritable pont entre les banques et les entrepreneurs congolais.
Depuis sa création datant de 5 ans, le FOGEC s’est imposé comme un mécanisme de confiance entre les porteurs de projets et le système bancaire. L’institution revendique aujourd’hui plus de 410 entrepreneurs accompagnés, pour un volume global de financement estimé à plus de 3 093 000 dollars américains, dont 96 % mobilisés sous forme de crédits bancaires garantis.
Déployé dans 16 provinces, le dispositif se distingue par une forte orientation vers l’agroalimentaire, qui représente plus de 50 % des projets financés. À ce jour, plus de 2 500 emplois ont été créés et consolidés à travers les différentes cohortes.
Dans son allocution, le Directeur général du FOGEC, Laurent Munzemba, a donné une dimension historique à cette quatrième cohorte, inscrivant l’action de l’institution dans une logique de transformation économique nationale.
« Ce n’est pas simplement une cérémonie. C’est la preuve vivante d’une promesse tenue. Aujourd’hui, nous voyons concrètement l’impact d’un mécanisme qui a permis de lever l’un des principaux freins à l’entrepreneuriat : l’accès au financement », a-t-il déclaré.

Sous sa direction, le FOGEC est passé d’un concept institutionnel à une structure financière crédible, reconnue par le système bancaire et les partenaires au développement.
« Nous avons transformé une idée en un outil crédible, structuré et reconnu par le système bancaire. Le FOGEC est devenu un pont entre les institutions financières et les entrepreneurs congolais », a-t-il poursuivi, tout en saluant la vision du Chef de l’État et l’accompagnement du gouvernement.

Le Directeur général a également souligné que le dispositif ambitionne la création d’une classe moyenne congolaise forte, structurée et résiliente.
« Une idée peut devenir un projet, un projet peut devenir une entreprise, et une entreprise peut devenir un moteur économique », a-t-il expliqué.
Le FOGEC met également en œuvre plusieurs programmes structurants, notamment des initiatives en faveur des femmes et des jeunes entrepreneurs. Parmi eux, Elubu ya ba mama, dédié à l’autonomisation des femmes entrepreneures, Bokeli, une application digitale facilitant l’accès aux services d’accompagnement et le suivi des projets, ainsi que Bilengi ya mutuya, orienté vers la transformation alimentaire et la valorisation des initiatives locales.
Il a également annoncé une nouvelle orientation stratégique en préparation, visant à renforcer les financements et élargir les capacités du FOGEC à travers une évolution institutionnelle combinant soutien public et mécanismes de croissance.
Le ministre de de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba, a replacé cette dynamique dans une vision globale de l’écosystème entrepreneurial congolais.
« Nous construisons un écosystème où la capacitation, le crédit et l’accès aux marchés fonctionnent ensemble. Sans cela, aucune entreprise ne peut survivre durablement », a-t-il affirmé, évoquant également les réformes en cours au sein des institutions d’appui au secteur privé.
Le moment le plus marquant de la cérémonie a été constitué par les témoignages des entrepreneurs, démontrant concrètement l’impact du programme.

Gervais Milandou, aujourd’hui President du Conseil d’Administration de la microfinance Bisou-Bisou, a retracé son parcours de l’informel à la structuration financière.
« On ne peut pas donner du crédit à quelqu’un qui ignore les engagements. L’éducation financière est la base de toute réussite entrepreneuriale », a-t-il souligné, mettant en avant le rôle déterminant de l’accompagnement du FOGEC.
Dans un autre registre, Régine Tika Shungu, entrepreneure dans la filière café à travers la marque Petit Kwilu, a partagé une trajectoire marquée par la résilience et l’innovation.
« Je suis partie de rien. Mais cette frustration m’a poussée à créer une marque qui aujourd’hui valorise le café congolais sur plusieurs scènes internationales », a-t-elle déclaré, évoquant ses participations à des événements mondiaux du secteur.

« Le financement m’a permis de stabiliser la qualité, de professionnaliser la torréfaction et d’aller vers des standards internationaux », a-t-elle ajouté.

De son côté, Michael Ilunga, représentant du Groupe Agence Mwinda, a mis en avant l’impact du financement sur la modernisation de ses équipements et l’augmentation de sa capacité de production, avec une croissance significative de son personnel.
C’est après ces témoignages que le ministre des Petites et Moyennes Entreprises est intervenu pour clôturer les prises de parole officielles. Il a salué la cohérence des réformes engagées et la construction progressive d’un écosystème intégré.

« Nous sommes en train de bâtir un système où chaque entrepreneur formé doit pouvoir accéder au financement et ensuite aux marchés. C’est cette chaîne de valeur qui garantit la survie et la croissance des entreprises », a-t-il déclaré.
Cette intervention a renforcé la lecture institutionnelle de l’événement, en l’inscrivant dans la vision du gouvernement portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait de l’entrepreneuriat un pilier central de la transformation économique.
Le point culminant de la cérémonie a été la remise symbolique de chèques à un échantillon d’entrepreneurs sur les 102 bénéficiaires de cette quatrième cohorte. Les financements varient entre 40 000 et 100 000 dollars américains, pour un total global de 521 220 dollars.
Les projets soutenus couvrent des secteurs variés tels que le transport, l’agro-industrie, la restauration, l’hébergement, l’imprimerie, la transformation, la production industrielle et tant d’autres.
En cinq ans, sous la direction de Laurent Munzemba, le FOGEC est passé d’un dispositif administratif à un instrument stratégique de transformation économique, contribuant activement à la structuration d’une classe moyenne congolaise émergente, portée par la rigueur, la confiance et la performance institutionnelle.
Avec cette quatrième cohorte, le FOGEC confirme ainsi sa trajectoire ascendante et son rôle dans la transformation économique de la RDC. Au-delà du financement, c’est un élan de structuration, de discipline entrepreneuriale et de confiance institutionnelle qui se consolide progressivement, au service d’une nouvelle génération d’entrepreneurs congolais.
Lydia Mangala


