Le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a officiellement présenté, le jeudi 14 mai au Centre Culturel et Artistique pour les Pays de l’Afrique Centrale (CCAPAC), la première édition de la revue statistique intitulée « La Fonction Publique en Chiffres », un document inédit destiné à offrir une lecture consolidée et transparente des ressources humaines de l’État en République démocratique du Congo.
Organisée devant plusieurs membres du Gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des chercheurs, des agents publics et diverses personnalités, cette cérémonie a permis de dévoiler les résultats actualisés du vaste processus d’identification biométrique et de certification des agents publics engagé depuis plusieurs années.
Selon les chiffres rendus publics, seuls 549 121 agents ont été certifiés réguliers après contrôle physique et vérification administrative, sur un total de plus de 1 425 080 agents déclarés dans les fichiers de l’administration publique.
Cette opération d’assainissement, menée dans le cadre de la réforme de la gestion des ressources humaines de l’État, vise à éliminer les agents fictifs, les doublons et les irrégularités afin de maîtriser durablement la masse salariale publique.
« Un agent, un poste, un salaire », tel est le principe qui guide cette réforme portée par le Fichier de Référence de l’Administration Publique (FRAP), désormais présenté comme le socle officiel de gestion des effectifs et de la paie des agents publics.

Les statistiques publiées révèlent une très forte concentration des effectifs dans la capitale congolaise. Kinshasa compte à elle seule 196 958 agents certifiés réguliers sur 450 774 agents déclarés initialement.
Ce chiffre confirme le poids administratif de la ville-province dans l’appareil étatique, tout en mettant en évidence l’ampleur des écarts relevés lors des opérations de vérification.
Après Kinshasa, plusieurs provinces se distinguent par des effectifs importants d’agents certifiés, notamment le Kongo Central avec 39 806 agents, suivi du Kwilu qui en compte 32 276. Le Mai-Ndombe enregistre 30 975 agents certifiés, tandis que le Kasaï Oriental et le Kasaï Central totalisent respectivement 29 654 et 29 379 agents. Ces chiffres confirment une répartition encore fortement concentrée dans certaines provinces administratives du pays.
Les résultats dévoilés montrent également des disparités importantes entre les effectifs déclarés et les effectifs réellement validés. Dans certaines provinces, les écarts sont particulièrement marquants. C’est notamment le cas du Maniema, où seulement 16 555 agents ont été certifiés sur 45 365 déclarés. Au Sankuru, 10 478 agents ont été validés sur 43 458 déclarés.
Dans les provinces de l’Est du pays, les opérations de consolidation se poursuivent également avec des résultats significatifs, malgré un contexte parfois contraignant. Le Nord-Kivu compte 26 500 agents certifiés sur 43 698 déclarés, tandis que le Sud-Kivu enregistre 23 002 agents certifiés sur 42 562 déclarés. Ces chiffres traduisent les efforts en cours pour assainir et fiabiliser progressivement les effectifs de la fonction publique dans cette partie du territoire national.
Selon les autorités, les défis sécuritaires et logistiques compliquent encore le processus de vérification dans certaines zones.
Le ministère de la Fonction publique entend instaurer une culture de redevabilité et de transparence dans la gestion des effectifs de l’État.
Le rapport « La Fonction Publique en Chiffres – Édition 2025 » présente notamment des données sur les effectifs, leur répartition provinciale, l’évolution de la rémunération, le taux d’administration ainsi que plusieurs indicateurs liés à la gestion des ressources humaines publiques.
Cette première édition couvre les principales catégories des agents publics relevant du pouvoir central, notamment les militaires, policiers et agents de sécurité, les enseignants de l’EPST, le personnel de l’Enseignement supérieur et universitaire, les magistrats et le personnel judiciaire, les agents du régime général, les diplomates, les professionnels de santé, les professionnels agricoles ainsi que le personnel politique.
Le document a été élaboré par la Cellule de Mise en œuvre de la Réforme de l’Administration publique (CMRAP), structure technique placée sous la tutelle du ministère de la Fonction publique.

Le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Lihau poursuit ainsi une réforme ambitieuse destinée à moderniser l’administration congolaise, améliorer la gestion de la paie et renforcer l’efficacité des services publics.
Plusieurs annuaires alphabétiques et numériques issus de l’identification biométrique ont déjà été publiés pour les services centraux ainsi que pour certaines provinces, notamment le Kongo Central et la Mongala.
Les autorités annoncent également la poursuite de la mécanisation des agents publics ainsi que l’intégration salariale des nouvelles unités dès 2026.
Le Gouvernement congolais entend poser les bases d’une administration publique plus crédible, mieux structurée et davantage orientée vers la performance, tout en réduisant considérablement les pertes financières liées aux irrégularités dans les fichiers de l’État.
Lydia Mangala


