Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le Système des Nations Unies (SNU) ont tenu, ce jeudi 14 mai 2026 à Kinshasa, la deuxième réunion du Comité de Pilotage conjoint du Cadre de Coopération pour le Développement Durable (CCDD 2025-2029), mécanisme stratégique chargé d’orienter et de superviser la mise en œuvre du partenariat entre les deux parties en faveur du développement durable et de la consolidation de la paix.
La rencontre, coprésidée par le Ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, la Vice-ministre des Affaires étrangères, Noella Ayeganagato, ainsi que le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies en RDC, Bruno Lemarquis, a réuni plusieurs membres du gouvernement, représentants des agences onusiennes, partenaires techniques et financiers.

Parmi les personnalités présentes figuraient notamment la Ministre d’État en charge de l’Éducation et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, le Ministre d’État en charge de la Pêche et Élevage, Mohindo Nzangi ainsi que la Ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae.
Dans son mot de bienvenue, Bruno Lemarquis a souligné que le CCDD constitue aujourd’hui un instrument majeur d’alignement stratégique entre les priorités nationales de la RDC et l’action des Nations Unies.

« Cette ambition est la recherche du plus grand impact possible à travers la montée en gamme du système des Nations Unies en RDC, un engagement accru auprès des autorités dans les politiques publiques transformationnelles et une action plus résolue sur les causes profondes des conflits », a-t-il déclaré.
Le Coordonnateur résident a également insisté sur les défis auxquels fait face la RDC, notamment la dégradation sécuritaire dans l’Est du pays, la contraction mondiale de l’aide publique au développement ainsi que les contraintes financières affectant les programmes de développement.
Malgré ce contexte, il a salué les avancées enregistrées dans plusieurs secteurs clés, notamment l’appui au deuxième recensement général de la population, la réforme de la justice, la protection sociale, la gouvernance environnementale et la sécurité.

Dans une note particulièrement symbolique, Bruno Lemarquis, dont le mandat arrive à son terme, a exprimé sa confiance dans l’avenir du pays.
« Le jour approche où le paradoxe congolais va commencer à s’effacer et où le géant congolais va devenir un tigre », a-t-il affirmé, évoquant les immenses potentialités humaines, naturelles et économiques de la RDC.
Prenant la parole au nom de la ministre d’état, ministre des Affaires Etrangères, Coopération Internationale, Francophonie et Diaspora Congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, la vice-ministre Noella Ayeganagato a rappelé que le Cadre de Coopération pour le Développement Durable constitue le document de référence des Nations Unies pour accompagner les priorités nationales inscrites dans le Plan national stratégique de développement (PNSD 2024-2028).

« Face aux contraintes actuelles, il nous revient de définir des orientations stratégiques adaptées susceptibles de réajuster la mise en œuvre du cadre de coopération afin d’obtenir des résultats concrets et tangibles au bénéfice de la population congolaise », a-t-elle déclaré.
La Vice-ministre des Affaires étrangères a également insisté sur les conséquences de la guerre dans l’Est du pays et sur les difficultés de financement qui pèsent sur les ambitions de développement.
De son côté, Guylain Nyembo a plaidé pour une meilleure coordination des projets et une plus grande cohérence des interventions afin de maximiser l’impact des investissements réalisés en RDC.

« Les stratégies et les projections ne sauraient avoir de sens si elles ne se traduisent pas par une amélioration réelle des conditions de vie de nos concitoyens », a insisté le Ministre d’État au Plan.
Il a notamment mis l’accent sur la nécessité de renforcer la gouvernance des projets publics, de mieux valoriser les ressources des provinces et d’encourager les investisseurs à intervenir dans une logique de consortiums intégrés capables d’accompagner durablement le développement territorial.

Au cours de la réunion, Rita Pembele, Directrice-cheffe de service des études et planification au ministère du Plan, a présenté les résultats enregistrés en 2025 dans le cadre du CCDD.
Selon les données exposées, plus de 31 000 emplois ont été créés grâce aux interventions soutenues par les Nations Unies, tandis que plus de 110 000 personnes ont eu accès à des services financiers et digitaux. Dans le secteur social, plus de 510 000 enfants ont bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle et plus de 4 millions d’enfants ont reçu des services de vaccination.

Les actions menées ont également permis l’adoption de politiques de protection sociale inclusive, l’appui à la réforme de la justice, la modernisation de certaines institutions publiques, la documentation de plus de 3 000 cas de violations des droits humains ainsi que la réduction d’environ 200 000 tonnes d’émissions de dioxyde de carbone.
La réunion a également permis de présenter les priorités conjointes pour l’année 2026. Le budget global prévu pour la mise en œuvre des activités du CCDD s’élève à 1,37 milliard de dollars américains, dont seulement 620 millions USD déjà mobilisés, laissant apparaître un gap de financement estimé à 747 millions USD.
Les secteurs prioritaires identifiés concernent notamment les services sociaux de base, la gouvernance et l’État de droit, la paix et la sécurité, l’emploi des jeunes, la transition écologique ainsi que la gestion durable des ressources naturelles.
Face à ces défis, les participants ont recommandé le renforcement de la mobilisation des financements, une meilleure coordination entre les agences onusiennes et les institutions nationales, ainsi qu’un accent particulier sur les programmes à fort impact pour les populations.
Au terme des travaux, plusieurs orientations ont été retenues, notamment le renforcement de la coordination entre les agences des Nations Unies, la priorisation des interventions à impact direct sur les bénéficiaires, l’accroissement des investissements dans les secteurs prioritaires, le soutien aux provinces dans leur autonomisation, le renforcement des mécanismes de sécurité dans les zones d’intervention ainsi que l’amélioration de la communication entre les membres du Comité de Pilotage au niveau national et provincial.

Clôturant les travaux, Guylain Nyembo a réaffirmé la volonté du Gouvernement de poursuivre les réformes visant à améliorer la gestion des projets publics et la mobilisation des ressources internes.
« Nous devons orienter nos projets là où ils auront le plus d’impact pour répondre efficacement aux attentes de nos populations », a conclu le Ministre d’État au Plan.
À l’issue de cette deuxième session du Comité de Pilotage du CCDD 2025-2029, le Gouvernement congolais et le Système des Nations Unies ont démontré leur volonté commune de renforcer un partenariat fondé sur la coordination, la redevabilité et les résultats concrets. Malgré les défis sécuritaires et financiers, les deux parties entendent accélérer la mise en œuvre des réformes et des programmes prioritaires afin d’améliorer durablement les conditions de vie des populations congolaises.
Lydia Mangala


