La scène politique du Nord-Kivu est en pleine ébullition. Le député national Crispin Mbindule a porté de graves accusations contre le gouverneur militaire de la province. Selon l’élu de Butembo, l’administration provinciale instrumentaliserait les services de renseignement pour faire pression sur les personnalités qui soutiennent publiquement l’idée d’une révision de la Constitution.
Cette sortie médiatique intervient après l’annonce de l’ouverture d’enquêtes judiciaires visant directement le député, une démarche qu’il qualifie d’« intimidation ».
Pour Crispin Mbindule, l’objectif serait de freiner le débat démocratique autour de la réforme constitutionnelle. Il affirme que son récent séjour à Butembo avait pour seul but de sensibiliser ses électeurs sur les enjeux liés à une éventuelle révision de la loi fondamentale.
S’appuyant sur plusieurs interventions radiophoniques, l’élu assure que sa démarche a été largement comprise et soutenue par la population locale, malgré certaines voix discordantes.
Le député rejette catégoriquement les accusations de troubles à l’ordre public et insiste sur le fait que la question constitutionnelle doit être débattue sereinement dans un cadre républicain.
Il a également démenti tout lien avec des groupes armés, précisant que son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’aux groupes d’autodéfense dits « Wazalendo » s’inscrit exclusivement dans une logique de résistance patriotique face aux agressions extérieures et aux rébellions actives dans l’Est du pays.
Au-delà des accusations de campagne visant à ternir son image, Crispin Mbindule a évoqué avec une certaine nostalgie ses anciens liens avec le gouverneur militaire du Nord-Kivu, rappelant que les deux hommes ont partagé les bancs de l’université avant que leurs trajectoires politiques ne divergent.
Malgré ce climat de tension, le député réaffirme son soutien à la vision du président Félix Tshisekedi pour le rétablissement de la sécurité dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Joëlle Luniongo


