Le débat autour d’une éventuelle modification de la Constitution congolaise continue de susciter des réactions au sein de la société civile. Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), a récemment mis en garde contre les conséquences qu’un référendum organisé dans le contexte sécuritaire actuel pourrait avoir sur l’unité nationale.
Pour le défenseur des droits humains, la question ne porte pas uniquement sur la réforme elle-même, mais aussi sur les conditions dans lesquelles elle pourrait être organisée.
Jean-Claude Katende estime qu’il serait difficile d’organiser une consultation populaire crédible alors que plusieurs zones de l’Est du pays restent confrontées à l’insécurité et échappent encore au contrôle effectif de l’État. Il cite notamment des localités comme Bunagana, Goma ou Bukavu, où les populations risqueraient d’être privées de leur droit de participation au scrutin.
Selon le président de l’ASADHO, une telle situation pourrait fragiliser davantage la cohésion nationale et accentuer les divisions au sein du pays. Pour lui, organiser un référendum dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire risquerait d’alimenter les tensions et de créer un sentiment d’exclusion chez certaines populations.
Jean-Claude Katende appelle ainsi les autorités congolaises à privilégier d’abord le rétablissement de la paix et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national avant d’envisager toute réforme constitutionnelle.
À ses yeux, la restauration de la sécurité et de l’unité nationale doit demeurer la priorité absolue afin de garantir un débat apaisé, inclusif et réellement démocratique autour de l’avenir des institutions du pays.
Joëlle Luniongo


