Après la polémique autour de ses propos sur le « camp des lépreux », le pasteur Moïse Mbiye a tenu à clarifier sa position lors d’une interview accordée à TOP CONGO FM. Le responsable de la Cité Bethel affirme ne pas être contre le président Félix Tshisekedi, mais il rappelle que toute modification de la Constitution doit d’abord être pensée pour le bien commun.
S’exprimant sur le rôle des responsables religieux, il a reproché à certains de privilégier les rencontres politiques où l’on « boit du vin et parle politique », au détriment de l’accompagnement spirituel des fidèles. Pour lui, qu’on soit pasteur, imam ou prêtre, l’essentiel reste le service aux communautés et non la quête de positions politiques.
Sur la question sensible du changement constitutionnel, Moïse Mbiye adopte une posture nuancée : il n’est pas fermé à une révision si celle-ci contribue réellement à la paix, au développement et à la stabilité du pays. En revanche, il condamne toute réforme dont la finalité serait d’avantager un homme ou un clan plutôt que la population.
« Le débat ne doit pas tourner autour d’une personne », a-t-il affirmé, appelant les Églises à se prononcer en faveur de l’intérêt général plutôt qu’en soutien d’un dirigeant. Selon lui, l’Église a le devoir de défendre les aspirations du peuple et de veiller à ce que les transformations institutionnelles servent le bien commun.
Moïse Mbiye a aussi dénoncé les rapprochements intéressés entre certains responsables religieux et le pouvoir, soulignant que l’engagement des hommes de Dieu doit rester désintéressé et centré sur le bien-être des fidèles. Il invite enfin au discernement : « Si changer la Constitution améliore la vie des Congolais, alors il faut le faire ; si ce n’est pas le cas, il faut y renoncer. »
Joëlle Luniongo


