La recherche scientifique congolaise vient de s’enrichir d’une contribution majeure dans le domaine des sciences de l’information et de la communication. Ce vendredi 8 mai, Madame Leatitia Muabila Bangu-Bangu a brillamment obtenu le grade de Docteure à thèse en communications sociales avec Grande Distinction à Université Catholique du Congo (UCC), à l’issue d’une soutenance consacrée à la communication humanitaire et à la résilience des populations déplacées par les conflits armés.
À travers une recherche profondément ancrée dans les réalités sociales de la République démocratique du Congo, la chercheure s’est intéressée aux dynamiques de reconstruction communautaire dans les camps de déplacés issus du conflit Kamwina Nsapu, dans la région de Kikwit, au Bandundu. Intitulée « Communication des organisations humanitaires et promotion de la résilience », sa thèse analyse le rôle joué par les dispositifs de communication des organisations humanitaires dans l’accompagnement psychologique, social et communautaire des victimes des violences.

Dans un contexte où des milliers de familles ont été confrontées aux déplacements forcés, aux traumatismes et à la désintégration du tissu social, cette étude met en lumière la manière dont la communication peut devenir un véritable levier de résilience collective. Selon les conclusions de la désormais docteure, l’information, l’écoute communautaire, la sensibilisation et l’interaction sociale constituent des outils essentiels pour aider les populations affectées à reconstruire leur quotidien et retrouver une stabilité après les crises.
Au-delà de l’approche théorique, la recherche de Leatitia Muabila se distingue par sa dimension profondément humaine. En s’appuyant sur une approche multi-référentielle, elle explore les réalités vécues dans les camps de déplacés et met en évidence aussi bien les avancées que les limites des mécanismes de communication humanitaire déployés sur le terrain.
Son travail souligne notamment que la résilience ne dépend pas uniquement de l’assistance matérielle, mais également de la capacité des organisations à restaurer la dignité, la confiance et les liens sociaux au sein des communautés affectées. Une réflexion qui ouvre des perspectives importantes pour les politiques humanitaires et les stratégies de communication de crise en RDC.
Chef des Travaux et enseignante à Université des Sciences de l’Information et de la Communication ainsi qu’à Université Catholique Omnia Omnibus, la nouvelle docteure confirme par cette consécration académique son engagement dans la production scientifique et dans la réflexion autour des problématiques sociales contemporaines touchant les populations vulnérables.
La qualité scientifique de cette recherche a été saluée par un jury composé de plusieurs professeurs et experts du monde académique, notamment Espérance Bayedila, Célestin Katuabadi, Vicky Elongo, Alexis Mbikayi, Paul Nzinga ainsi que Leon-Martin Mbembo. Leur présence témoigne de l’importance scientifique accordée à cette thèse appelée à nourrir les réflexions sur les interactions entre communication, humanitaire et reconstruction sociale.
Dans un pays encore marqué par des crises sécuritaires et humanitaires répétitives, cette soutenance apparaît comme bien plus qu’une réussite académique individuelle. Elle incarne aussi l’émergence d’une recherche congolaise tournée vers les réalités du terrain, capable de proposer des pistes concrètes pour mieux accompagner les communautés fragilisées par les conflits.
Leatitia Muabila inscrit ainsi son nom parmi les voix scientifiques qui contribuent à penser autrement la reconstruction sociale et la résilience des populations victimes des violences en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


