La mémoire politique congolaise se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse. Martin Fayulu, figure majeure de l’opposition, a récemment créé le débat en affirmant avoir contribué de manière décisive à la relance de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) il y a plus d’une décennie.
Face à ses militants, le président de l’ECiDé a livré sa lecture de l’histoire récente du parti fondé par Étienne Tshisekedi. Revenant sur la période allant de 2006 à 2010, qu’il considère comme une phase de faible visibilité politique pour l’UDPS, Martin Fayulu a déclaré sans détour : « C’est moi qui ai ressuscité l’UDPS ».
Selon lui, un tournant décisif serait intervenu en février 2010, lors d’une rencontre avec Étienne Tshisekedi, surnommé le « Sphinx de Limete ». À cette occasion, il affirme avoir proposé une stratégie destinée à redynamiser le parti et à le repositionner sur la scène politique nationale.
Pour appuyer ses déclarations, Martin Fayulu cite plusieurs personnalités politiques, notamment Albert Moleka et Jacquemain Shabani, qu’il présente comme des témoins de cette collaboration stratégique.
Une déclaration qui divise
Ces propos suscitent de nombreuses réactions dans la classe politique congolaise. Dans un contexte où l’héritage d’Étienne Tshisekedi demeure un enjeu majeur de légitimité politique, certains considèrent cette sortie comme une tentative de réinterprétation de l’histoire de l’UDPS.
Au sein du parti présidentiel, plusieurs cadres contestent cette version des faits. Ils estiment qu’elle minimise les sacrifices consentis par les militants et les cadres du parti, qui ont maintenu l’UDPS active malgré les années de répression et de marginalisation politique.
Une bataille autour de la mémoire politique
Cette nouvelle polémique illustre les tensions persistantes au sein de l’opposition congolaise et autour de l’héritage de la lutte démocratique en RDC. En revendiquant un rôle important dans la relance de l’UDPS, Martin Fayulu cherche également à rappeler son implication historique dans les combats politiques menés contre les régimes successifs.
Au-delà de la controverse, cette sortie montre à quel point la mémoire politique reste un terrain sensible et stratégique dans le paysage politique congolais, où le passé continue d’influencer les rapports de force du présent.
Joëlle Luniongo


