Le gouvernement congolais veut voir émerger une coopération internationale plus cohérente, mieux coordonnée et surtout davantage portée par les réalités locales. C’est le message central lancé le jeudi 7 mai à Kinshasa par le Ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement (CAD), Guylain Nyembo Mbwizya, à l’occasion de la retraite annuelle des agences du système des Nations Unies en République démocratique du Congo.
Organisée dans le cadre de la mise en œuvre du Cadre de coopération 2025-2029 entre la RDC et le système des Nations Unies, cette rencontre stratégique a réuni plusieurs représentants des agences onusiennes, des partenaires techniques et financiers ainsi que des responsables institutionnels autour des grands défis liés au développement du pays.
À travers cette retraite annuelle, les différents acteurs ont notamment évalué les mécanismes de coordination des interventions, les priorités de développement ainsi que les stratégies à mettre en place pour améliorer l’efficacité des projets soutenus par les Nations Unies en RDC.

Prenant la parole devant les participants, le Ministre d’État Guylain Nyembo a salué l’engagement des partenaires internationaux aux côtés de la République démocratique du Congo, particulièrement dans les domaines du développement, de la gouvernance, de l’action humanitaire et du renforcement institutionnel.
Toutefois, le patron du Plan a insisté sur la nécessité d’améliorer la cohérence entre les différentes interventions menées sur le terrain afin d’éviter les chevauchements, les dispersions d’efforts et les initiatives déconnectées des besoins réels des populations.
Pour le gouvernement congolais, l’enjeu ne réside plus uniquement dans la multiplication des projets de développement, mais dans leur capacité à produire des impacts durables et visibles pour les communautés locales.
Dans cette perspective, Guylain Nyembo a plaidé pour une coopération davantage centrée sur les priorités nationales définies par les autorités congolaises, notamment à travers le Plan National Stratégique de Développement (PNSD), considéré comme la principale boussole de l’action gouvernementale en matière de développement.
Le Ministre d’État a particulièrement insisté sur l’importance de renforcer l’appropriation nationale et locale des projets financés ou accompagnés par les partenaires internationaux.
Selon lui, les initiatives de développement ne peuvent produire des résultats durables sans une implication réelle des institutions nationales, des autorités provinciales, des communautés locales ainsi que des acteurs de terrain.
À ce sujet, Guylain Nyembo a appelé les agences des Nations Unies à privilégier des approches plus inclusives, capables de renforcer les capacités institutionnelles congolaises et de favoriser une meilleure autonomie des structures locales.
Pour le gouvernement, cette dynamique constitue un élément essentiel afin de garantir la continuité des projets même après le retrait ou la réduction de l’appui des partenaires extérieurs.
Le Ministre d’État a également plaidé pour un renforcement de la cohésion entre les différents acteurs intervenant dans le développement de la RDC.
Dans un pays confronté à d’importants défis économiques, sociaux, sécuritaires et humanitaires, les autorités congolaises estiment indispensable de construire des mécanismes de collaboration plus efficaces entre l’État, les agences onusiennes, les bailleurs de fonds et les organisations de la société civile.
Cette volonté de coordination renforcée vise notamment à maximiser l’impact des ressources mobilisées tout en évitant les duplications de programmes ou les interventions isolées.
travers cette participation à la retraite annuelle des agences du système des Nations Unies, le gouvernement congolais réaffirme ainsi sa volonté de bâtir avec ses partenaires une coopération basée sur la confiance, l’efficacité et l’alignement stratégique autour des priorités nationales de développement.
Alors que la RDC poursuit ses ambitions de transformation économique et institutionnelle, les autorités espèrent voir les partenaires internationaux accompagner davantage des projets structurants capables de produire des changements durables au bénéfice des populations congolaises.
Lydia Mangala


