L’Université Révérend Kim, située dans la commune de N’djili, a accueilli, ce mercredi 6 mai, un Salon entrepreneurial d’envergure organisé par la Faculté des Sciences de l’Économie et de Gestion en partenariat avec l’ANADEC. Placée sous le thème « L’Université congolaise face au défi de la création de richesse : transformer le savoir en entreprises viables », cette rencontre a réuni étudiants, enseignants, experts et acteurs institutionnels pour repenser le rôle de l’université dans la transformation économique de la République démocratique du Congo.
Parmi les interventions marquantes, celle d’Erick Makuala, Coordonnateur national de la Fédération Nationale des Jeunes Entrepreneurs du Congo (FNJEC), a profondément structuré les échanges. Son message a mis en lumière la nécessité de faire de l’université non plus un simple espace de formation académique, mais un véritable incubateur d’entrepreneurs et d’innovateurs.

Dans son analyse, il a dressé un constat sans détour du système éducatif congolais, longtemps orienté vers la production de demandeurs d’emploi plutôt que de créateurs de valeur. Il a estimé que cette orientation ne répond plus aux réalités économiques actuelles, marquées par un marché du travail saturé et une nécessité croissante d’autonomie économique chez les jeunes diplômés.
« Notre système de formation a longtemps privilégié la formation des demandeurs d’emploi au lieu des créateurs d’emploi », a-t-il affirmé devant un auditoire attentif.

Intégrant le thème du salon, il a insisté sur l’urgence d’enraciner la culture entrepreneuriale dès le parcours universitaire. Pour lui, l’université doit devenir un espace où les idées émergent, se structurent et se transforment en projets viables capables de générer de l’impact économique et social.
Il a rappelé que toute entreprise naît d’une idée, mais que cette idée ne constitue qu’un point de départ. Le véritable enjeu réside dans sa structuration, sa transformation en projet concret, puis sa consolidation en entreprise durable.
« L’idée ne suffit pas. Il faut la transformer, la structurer, la financer et surtout la pérenniser », a-t-il expliqué.

Dans cette logique, Erick Makuala a mis en lumière les principaux obstacles rencontrés par les jeunes entrepreneurs, notamment la difficulté de passer de l’idée au projet, l’accès limité aux ressources, les défis liés à la mise en œuvre et la fragilité des mécanismes de pérennisation. Il a souligné que ces étapes constituent autant de barrières qui nécessitent un accompagnement structuré et professionnel.
Il a également insisté sur le fait que les ressources ne se limitent pas au financement, mais englobent également les dimensions humaines, organisationnelles et informationnelles. Selon lui, de nombreux projets échouent non pas par manque d’argent, mais par absence de réseau, de formation ou d’encadrement adéquat.

La Fédération Nationale des Jeunes Entrepreneurs du Congo développe plusieurs mécanismes d’accompagnement destinés à structurer l’écosystème entrepreneurial des jeunes. L’organisation met notamment l’accent sur le réseautage, la formation continue et l’accompagnement administratif, juridique, comptable et stratégique des porteurs de projets.
Erick Makuala a également mis en avant des initiatives concrètes telles que la mise en place de clubs d’étudiants entrepreneurs dans les universités, l’organisation de forums nationaux dédiés à l’entrepreneuriat étudiant, ainsi que des programmes innovants visant à transformer les travaux académiques en projets économiques réels.
Au cœur de son intervention, la dimension humaine de l’entrepreneuriat a occupé une place essentielle. Il a rappelé que la réussite dans ce domaine repose sur des valeurs fondamentales telles que la discipline, la patience, la résilience et l’humilité. Il a mis en garde contre une vision idéalisée de l’entrepreneuriat, insistant sur le fait qu’il s’agit d’un parcours exigeant, jalonné d’échecs et de sacrifices.
« Entreprendre, c’est accepter les difficultés, les échecs, mais aussi continuer malgré tout », a-t-il déclaré.

Il a replacé l’entrepreneuriat au cœur du développement national. Selon lui, la richesse d’un pays ne repose pas uniquement sur ses ressources naturelles, mais surtout sur la capacité de sa jeunesse à innover et à transformer ces ressources en valeur ajoutée durable.
« La richesse d’une nation ne repose pas uniquement sur ses ressources naturelles, mais sur la capacité de sa jeunesse à innover, entreprendre et transformer ces ressources en valeur », a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs encouragé les étudiants à considérer l’entrepreneuriat non pas comme une solution de repli, mais comme un premier choix de carrière. Il a souligné qu’il est possible de concilier études, emploi et entrepreneuriat, à condition de commencer tôt et de développer progressivement ses projets.

Il a appelé à une transformation profonde du rôle de l’université, qu’il considère désormais comme un incubateur stratégique d’idées et d’opportunités économiques. Pour lui, l’avenir du pays dépend de la capacité de ses institutions académiques à produire non seulement des diplômés, mais surtout des créateurs d’emplois.
En conclusion, son intervention a résonné comme un appel à une prise de conscience collective, invitant les étudiants, les universités et les structures d’accompagnement à construire ensemble un nouvel écosystème entrepreneurial en République démocratique du Congo.
À travers ce Salon entrepreneurial, l’Université Révérend Kim a ainsi offert aux étudiants un espace de réflexion, d’innovation et de transformation, au service de l’émergence d’une jeunesse capable de redéfinir l’avenir économique du pays.
Lydia Mangala


