Réunis à Kinshasa le mardi 5 mai 2026, les députés nationaux du Kasaï-Oriental, conduits par le président de leur caucus Maurice Tshikuya, ont tenu une séance de travail approfondie avec le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, autour de la dégradation des infrastructures routières et les défis persistants dans l’espace Grand Kasaï.
Durant cette rencontre, plusieurs préoccupations majeures ont été soulevées par les élus, notamment la progression inquiétante des érosions dans certaines zones stratégiques comme Boya, dans le territoire de Miabi, ou encore Kambaja dans l’entité de Katanda. À cela s’ajoutent les difficultés liées à la connectivité des routes de desserte agricole, en raison de ponts manquants ou dégradés, ainsi que la situation préoccupante de certaines infrastructures routières clés, dont la route Mbuji-Mayi–Kananga, pourtant déjà en cours de réhabilitation.

La voirie urbaine de Mbuji-Mayi, récemment réhabilitée mais déjà détériorée, ainsi que le manque d’équipements d’entretien au sein de l’Office des voiries et drainage et de l’Office des routes, ont également été au centre des discussions.
Face à ces préoccupations, John Banza a apporté des réponses point par point, assurant que des solutions sont en cours de mise en œuvre. Concernant les érosions, il a indiqué que l’entreprise Safrimex maîtrise la situation dans la région, avec une synergie opérationnelle déjà enclenchée via l’Office des routes, notamment à travers la signature d’un ordre de service.

S’agissant de la question des ponts, le ministre a reconnu que plusieurs infrastructures sont déjà disponibles, mais bloquées au niveau du dédouanement. Il a évoqué la nécessité d’activer des procédures d’urgence pour accélérer leur mise à disposition et leur installation.
Dans une logique de coordination renforcée, le ministre a annoncé la tenue prochaine d’une réunion stratégique avec les directeurs généraux des structures sous tutelle ainsi qu’un représentant du ministère des Finances, afin de lever les contraintes administratives et financières freinant l’exécution des projets.
Par ailleurs, John Banza Lunda a révélé l’existence d’un ambitieux programme national visant à doter le pays d’au moins 6 000 engins destinés à l’entretien routier, qui seront déployés au profit des brigades sur l’ensemble du territoire.
Concernant la route Mbuji-Mayi–Lupatapata, dont une portion de 5 kilomètres reste impraticable malgré son importance stratégique, le ministre a décidé de traiter ce tronçon en urgence, en l’intégrant comme une bretelle prioritaire de la voirie urbaine.
Sur l’axe Kananga–Kalamba–Mbuji, il a confirmé que les travaux sont en cours, avec un horizon d’achèvement estimé à deux ans. Afin d’assurer un suivi rigoureux, un mécanisme de monitoring permanent avec des évaluations de terrain toutes les deux semaines a été instauré.
Des interventions urgentes ont également été programmées pour le pont Nsenga-nsenga, jugé critique pour la sécurité des populations locales.
Au-delà des réponses techniques, le ministre a réaffirmé une vision stratégique forte pour le développement des infrastructures nationales.

« Le centre du pays constituera le point de départ du développement infrastructurel routier de toute la RDC », a-t-il soutenu, évoquant notamment le projet structurant de la route reliant Mbuji-Mayi à Bukavu, dans le Sud-Kivu, qui prévoit la construction d’un pont suspendu de 740 mètres.
John Banza a ainsi voulu rassurer les élus du Grand Kasaï sur la prise en compte effective de leurs préoccupations, tout en affichant une volonté de renforcer la gouvernance des projets d’infrastructures à travers une approche coordonnée, proactive et orientée vers les résultats.
Lydia Mangala


