En marge de la cérémonie de lancement de la quatrième cohorte du FOGEC, le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba, a livré une intervention de fond sur la structuration de l’écosystème entrepreneurial congolais, articulé autour de la vision gouvernementale portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Prenant la parole devant un parterre composé de membres du gouvernement, d’institutions publiques, de partenaires techniques et financiers ainsi que d’entrepreneurs, le ministre a replacé l’action de l’État dans une logique de continuité et de transformation structurelle.
Son intervention, à la fois pédagogique et stratégique, a mis en lumière la philosophie du système dit des « 3C », pilier central de la politique d’accompagnement des entreprises en RDC.
« D’où nous venons, où nous sommes et où nous allons. Toute notre action s’inscrit dans cette trajectoire », a-t-il introduit, avant de rappeler que la politique publique actuelle repose sur un écosystème intégré où chaque institution joue un rôle précis dans la chaîne de valeur entrepreneuriale.

Selon lui, le premier pilier de cet écosystème est celui de la capacitation, porté notamment par l’ANADEC, qui vise à doter les entrepreneurs des compétences nécessaires pour structurer leurs projets. Le deuxième pilier concerne l’accès au crédit, facilitant le financement des initiatives à travers des mécanismes de garantie et de financement adaptés.
Le troisième pilier est celui des contrats et de l’accès aux marchés, dans lequel intervient notamment l’ARSP, afin d’assurer aux entreprises locales des débouchés réels.
« Nous parlons de trois C fondamentaux : Capacitation, Crédit et Contrat des marchés. Mais au-delà, il existe un grand C, celui du climat des affaires », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de créer un environnement global favorable à l’investissement et à la croissance des entreprises.

Dans son développement, Justin Kalumba a également évoqué les réformes en cours au sein de l’écosystème institutionnel, notamment le rôle de l’APROCM, agence chargée de la promotion de la classe moyenne, qu’il considère comme un indicateur clé de transformation économique et sociale.
Revenant sur la philosophie globale de l’action publique, le ministre a insisté sur le cheminement des politiques économiques, partant d’une idée, passant par une formalisation administrative, puis une structuration institutionnelle, avant d’aboutir à un impact réel dans la société.
« Tout part d’une idée simple, qui devient un projet, puis une décision publique, et enfin une réalité vécue par les citoyens », a-t-il souligné, évoquant la matérialisation progressive des politiques d’entrepreneuriat en RDC.

Le ministre a rappelé que l’écosystème entrepreneurial ne peut fonctionner sans cohérence entre formation, financement et accès aux marchés, insistant sur le caractère interdépendant de ces trois dimensions.
« Si un seul maillon manque, tout l’écosystème est fragilisé », a-t-il averti, appelant à une meilleure coordination entre les institutions publiques et les acteurs privés.
C’est dans ce contexte qu’il a levé le voile sur une annonce majeure attendue pour le 30 juin prochain, dans le cadre du Programme Présidentiel pour l’Emploi et l’Entrepreneuriat des Jeunes, également connu sous le nom de « Débout Jeunes Congolais ».

Selon le ministre, cette prochaine étape marquera un tournant décisif dans la politique nationale de soutien à l’entrepreneuriat, avec une restructuration du dispositif de financement et d’accompagnement.
« Le programme du 30 juin va permettre une nouvelle structuration des financements. Une partie sera consacrée au renforcement des institutions publiques d’appui, et une autre sera orientée vers un instrument à vocation plus privée, destiné à soutenir l’entrepreneuriat de croissance », a-t-il indiqué.

Il a précisé que cette réforme vise à distinguer deux dynamiques complémentaires. D’une part, l’entrepreneuriat de démarrage, soutenu par les établissements publics, et d’autre part, l’entrepreneuriat de croissance, qui nécessitera des investissements plus importants et l’implication de partenaires nationaux et internationaux.
Dans sa vision, cette évolution permettra de renforcer la création d’emplois à grande échelle et d’accélérer la transformation économique du pays, en s’appuyant sur un modèle hybride associant État et secteur privé.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de diversifier les sources de financement, en encourageant des mécanismes innovants au-delà des circuits bancaires traditionnels, y compris les financements communautaires, les partenariats privés et les investissements participatifs.
« Nous devons multiplier les modalités de financement. L’avenir de notre économie ne peut reposer sur une seule source », a-t-il affirmé, appelant à une culture de confiance et d’innovation financière.

En clôturant son intervention, Justin Kalumba a réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire de l’entrepreneuriat un levier central de création de richesse et d’emplois, en cohérence avec la vision du Chef de l’État.
« L’objectif est de faire de chaque idée une entreprise, et de chaque entreprise un moteur de développement », a-t-il conclu.
Avec cette annonce du 30 juin, le gouvernement connaîtra une avancée dans la structuration de l’écosystème entrepreneurial congolais, en consolidant les acquis existants tout en ouvrant la voie à une phase plus ambitieuse de financement et de croissance des entreprises.
Lydia Mangala


