Lors de la cérémonie de lancement de la 4ᵉ cohorte du FOGEC tenue ce mardi 5 mai à Kinshasa, Régine Tika Shungu, entrepreneure évoluant dans la filière café à travers sa marque Petit Kwilu, a partagé un témoignage profondément personnel, marqué par le doute initial, la détermination et une ascension internationale rare dans le secteur.
Revenant sur ses débuts, elle raconte une expérience qui a bouleversé sa trajectoire.

« J’étais assistante à l’époque et je participais à plusieurs activités internationales liées au café. Un jour, on m’a demandé ce que j’avais à présenter sur mon pays, et je n’avais rien. J’ai ressenti une honte profonde, comme si c’était moi le problème », a-t-elle confié.
Ce moment devient un tournant décisif.
« Je me suis dit que je ne pouvais plus continuer à accompagner les autres sans construire quelque chose moi-même. C’est là que j’ai décidé de me lancer dans le secteur du café, sans formation initiale complète, mais avec une conviction forte », a-t-elle ajouté.

Son parcours l’a conduite à explorer plusieurs pays producteurs et plateformes internationales. Elle évoque notamment ses expériences au Cameroun, à Madagascar et au sein d’organisations spécialisées dans la filière café.
« J’ai compris que le café congolais avait une place, mais qu’il fallait le structurer et le valoriser », a-t-elle expliqué.

C’est ainsi qu’elle développe progressivement Petit Kwilu, une marque aujourd’hui reconnue. Elle affirme avoir mobilisé des producteurs locaux et structuré une chaîne de valeur autour du café congolais.
« J’ai accompagné plus de 1000 producteurs et contribué à la production de millions de plants de café sur plusieurs milliers d’hectares », a-t-elle déclaré.
L’entrepreneure souligne également son engagement dans la recherche de qualité et de reconnaissance internationale.
« Je ne voulais pas créer une simple marque locale. Je voulais un café congolais capable de rivaliser à l’international », a-t-elle insisté, évoquant sa participation à plusieurs concours et événements mondiaux, notamment au Danemark, à Dubaï, à Paris et à Genève.

Son entrée dans le programme du FOGEC marque une nouvelle étape. Elle explique que l’accompagnement a permis de structurer davantage son activité et d’améliorer la qualité de sa production.
« Quand j’ai sollicité le FOGEC, mon principal défi était la qualité et la régularité du café. Je n’avais pas encore une production stable. L’accompagnement m’a aidée à professionnaliser mon activité », a-t-elle expliqué.

Le moment le plus marquant de son parcours est qu’elle devient la première Congolaise à faire déguster du café congolais dans un cadre mondial reconnu.
« J’ai eu l’honneur de présenter le café congolais devant des participants venus de quatre coins du monde lors d’un événement de l’Organisation Mondiale du Commerce. C’était un moment de fierté immense », a-t-elle déclaré.
Aujourd’hui, elle voit son parcours comme une mission plus large que son entreprise.
« Petit Kwilu n’est pas seulement une marque, c’est une représentation du café congolais sur la scène internationale », a-t-elle conclu.

Son témoignage montre l’impact concret du FOGEC sur les entrepreneurs de la 4ᵉ cohorte, où l’accompagnement ne se limite pas au financement, mais touche également la structuration, la vision et l’ouverture internationale des projets.
Lydia Mangala


